Ce réflexe étrange avant de s’endormir : faut-il s’inquiéter ? Le verdict d’un neurologue
- Guillaume Pinson
- 26 novembre 2025
- QUOTIDIEN
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Vous connaissez sans doute ce drôle de moment où, alors que vous commencez enfin à plonger dans les bras de Morphée, votre jambe ou votre bras décide de faire un petit bond tout seul, vous donnant un sursaut digne d’un film d’horreur… mais dans votre propre lit ! Rassurez-vous (et rangez l’ail contre les vampires), ce reflexe porte un nom : la myoclonie. Faut-il s’en inquiéter ? Le Dr Olivier Sillam, neurologue, apporte son éclairage pour démêler ce phénomène aussi courant qu’intrigant.
La myoclonie d’endormissement, c’est quoi exactement ?
Il vous est probablement déjà arrivé d’avoir ce fameux soubresaut au moment où vous commencez à sombrer dans le sommeil. Ce phénomène, le Dr Olivier Sillam le désigne comme « myoclonie ». Le Manuel MSD précise même que la myoclonie physiologique surgit souvent au tout début de l’endormissement ou pendant les phases précoces du sommeil. Ces petites secousses peuvent réveiller celui qui les subit, comme s’il avait sursauté – pas très pratique si vous venez à peine de trouver une position confortable !
Selon le Dr Sillam, près de 70 % de la population pourrait expérimenter ce type de soubresaut avant de s’endormir. Rassurant, non ? Ces myoclonies peuvent prendre différentes formes :
- Focales : limitées à un muscle ou à un groupe musculaire
- Multifocales : touchant plusieurs muscles indépendamment
- Segmentaires : dans un même segment du corps
- Généralisées : concernent le corps entier
Mais surtout, retenez-le : il ne s’agit pas d’un phénomène pathologique dans la grande majorité des cas. Nul besoin de fuir chez votre médecin au moindre soubresaut !
Myoclonies positives, négatives… Késako ?
Le Dr Sillam insiste sur un point : il est essentiel de faire la différence entre les myoclonies dites « positives » et « négatives ». Décryptage :
- Myoclonies positives : ce sont des contractions brèves, soudaines et intenses d’un muscle ou d’un groupe de muscles qui provoquent un mouvement visible (un peu comme un fou-rire, mais localisé dans la jambe !).
- Myoclonies négatives : ici, c’est l’inverse, on observe un relâchement brutal d’un muscle. Résultat : le mouvement survient parce que le muscle « lâche » d’un coup.
Dans les deux cas, rien d’alarmant : il ne s’agit, le plus souvent, que de l’expression naturelle du cerveau qui se déconnecte progressivement de l’état d’éveil.
Quels sont les facteurs qui favorisent ces fameux soubresauts ?
Le Manuel MSD précise que les myoclonies peuvent apparaître de façon totalement spontanée ou être provoquées par un stimulus externe (comme un bruit soudain, une lumière, un mouvement ou même une menace visuelle). Cependant, on n’a pas toujours besoin d’un pet de chat ou d’un coup de tonnerre : ces soubresauts surgissent parfois sans raison évidente, sous l’influence de facteurs internes.
Selon l’expert, différents éléments peuvent augmenter la fréquence ou l’intensité des myoclonies d’endormissement. Malheureusement, la liste précise de ces facteurs évoquée reste succincte dans la source, mais leur existence est clairement mentionnée.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Habituellement, ces myoclonies sont bénignes et ne réclament aucune intervention médicale. Cependant, il y a des cas où un avis médical s’impose :
- Elles s’accompagnent de troubles du sommeil ;
- Des mouvements anormaux surviennent dans la journée ;
- Il y a des pertes de connaissance ;
- Les myoclonies deviennent très fréquentes et gênantes.
Le Dr Olivier Sillam rappelle que ce type de tableau peut correspondre à des épilepsies ou bien à des troubles du sommeil. Dans tous les cas, faites-vous accompagner par un professionnel, mieux vaut un diagnostic rassurant que de mauvaises nuits…
Pour limiter les myoclonies d’endormissement, il est conseillé de tenter de réduire ou d’éviter les facteurs favorisant leur apparition (une formulation prudente cependant car l’inventaire exact de ces facteurs ne figure pas dans le texte). De plus, il recommande d’éviter autant que possible la prise de médicaments connus pour les faciliter.
En résumé, le soubresaut au moment de s’endormir a de quoi surprendre, mais il est la plupart du temps un compagnon inoffensif de nos débuts de nuit. Tant que ce réflexe ne s’accompagne pas d’autres symptômes gênants, il n’y a pas de raison de tirer la sonnette d’alarme ! Alors, la prochaine fois que votre jambe s’emballe avant le sommeil, souriez-lui : elle vous rappelle juste que vous êtes humain… et pas encore un robot du sommeil !





