Et si votre prochaine embauche se jouait… sur une simple tasse à café ? Ne riez pas trop vite : un petit geste aussi anodin que débarrasser (ou pas) votre tasse en fin d’entretien pourrait, selon certains, décider de votre futur professionnel. Mais faut-il trembler à chaque slurp ? Décryptage d’un test qui fait parler la poudre… à café.
Le mystère du test de la tasse : l’Australie lance le buzz
Il était une fois, en Australie, un chef d’entreprise visionnaire nommé Trent Innes, alors à la tête de la société technologique Xero Australia. Son idée du recrutement : provoquer, l’air de rien, un petit « test de la tasse de café ». Invité pour un entretien ? On vous propose poliment une boisson (eau ou café, peu importe le contenu, c’est le geste qui compte…). Jusque-là, tout va bien.
Mais attention, ce n’est pas innocent ! Au terme de l’échange, le moment fatidique arrive. Selon le magazine Psychologies, si vous prenez l’initiative de rapporter la tasse (ou la laisser soigneusement en tas dans l’évier, on n’a pas les détails, mais vous suivez), vous marquez des points. Par contre, si vous laissez la tasse bien en évidence sur le bureau du recruteur… oups. D’après La Dépêche, cela pourrait s’avérer franchement rédhibitoire.
Un test anecdotique ou une grille d’évaluation cachée ?
Jusqu’où va-t-on dans la symbolique du café ? Le tabloïd britannique Mirror l’assure : Trent Innes refuse d’embaucher quiconque échouerait à « l’épreuve de la tasse ». Pourquoi ? Parce que, selon lui, ce petit geste trahirait bien plus l’état d’esprit d’un candidat que l’intégralité des questions classiques d’entretien. Rien que ça.
On peut dès lors s’interroger : oublier de débarrasser sa tasse ruine-t-il vraiment vos chances ? Peut-on se fier à un réflexe qui semble plus relever de la politesse machinale ou du stress du moment ? L’édition du soir a posé ces questions à François Gougeon, président et fondateur du cabinet de recrutement « Happy to meet you », basé à Rennes.
Que dit l’expert ? Gare aux recettes miracles…
François Gougeon calme le jeu d’entrée de jeu : cette méthode n’a rien de scientifique. Pour lui, ce « test de la tasse de café » appartient plus aux croyances d’un autre temps, voire à des préjugés persistants. Il cite par exemple la fameuse « chaise du milieu » – souvenez-vous, cette superstition qui voulait que, parmi trois chaises, il fallait absolument se jeter sur celle du centre. D’après lui : cette tendance a disparu chez les recruteurs depuis… les années 1980.
- Pas de validation scientifique : le test de la tasse repose sur le subjectif.
- L’expert privilégie des outils psychologiques fondés scientifiquement, bien plus fiables que le suivi de la vaisselle du candidat.
En clair : François Gougeon recommande aux pros du recrutement de se fier à des examens qui valident ou réfutent des intuitions avec des bases solides.
Attention, nuance : il admet que la posture du candidat compte, car le langage du corps parle parfois plus fort que la bouche. Mais là encore, prudence : le stress peut faire apparaître chez certains des attitudes inhabituelles, comme passer un bras sur le dossier d’une chaise, donnant ainsi une impression (à tort ou à raison) d’aisance – voire de trop grande aisance.
Quand cette ambiguïté surgit, les recruteurs, explique-t-il, complètent avec des tests fiables permettant de distinguer la personnalité réelle des réactions dictées par le stress.
Faut-il accepter ce fichu café en entretien ? Le mot de la fin
Bonne nouvelle pour les anxieux ! Peut-on accepter, sans double fond, un café lors d’un entretien ? Oui, affirme François Gougeon : quand on vous offre une boisson, il n’y a pas de piège. Selon lui, un candidat stressé pense à son avenir professionnel, pas à la logistique de la vaisselle.
Le conseil du jour ? Si, par inadvertance, vous oubliez votre tasse ou votre verre d’eau sur la table, pas de panique : il y a peu de risques que cela sabote votre embauche en 2024. Comme dit l’expert, « En aucun cas, l’objectif est de piéger un candidat ». Alors, détendez-vous… et profitez du café avant tout !











