Des fausses pièces de 2 euros circulent : comment éviter de vous faire piéger ?
- Guillaume Pinson
- 8 novembre 2025
- QUOTIDIEN
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On pensait nos piécettes bien à l’abri, mais l’affaire des fausses pièces de 2 euros prouve que même notre monnaie la plus anodine peut cacher de (mauvaises) surprises. Six ans d’enquête, arrestations, machines à sous complices, astuces de détective amateur : plongez dans une histoire où l’euro montre son revers le moins reluisant… et apprenez comment ne pas vous faire rouler dans la farine (ni en fausse monnaie) !
L’affaire : une organisation bien huilée démasquée en Espagne
Entre 2018 et 2021, la police espagnole a mené une enquête digne d’un polar. L’affaire a abouti à l’arrestation de dix personnes, toutes de nationalité chinoise, pour la fabrication et l’écoulement de fausses pièces de deux euros. Si l’impact économique de cette fraude reste modeste au regard des grandes magouilles internationales (environ un million d’euros en fausses pièces, c’est loin du casse du siècle), l’affaire rappelle sérieusement l’importance de protéger la monnaie qui passe de main en main. Personne n’aime, en effet, se retrouver avec un porte-monnaie qui joue dans la catégorie “monnaie de singe” !
L’enquête n’a pas été un long fleuve tranquille. Tout commence à l’automne 2018, où près de 25 000 euros en fausses pièces sont saisis. Coup de filet modeste, mais le filon est bien plus grand… Quelques mois plus tard, en banlieue de Madrid à Fuenlabrada, la police tombe sur un entrepôt transformé en usine à fabriquer les fameux faux. Même après le démantèlement de l’atelier, les enquêteurs tombent sur tout le kit du parfait faussaire : anneaux, noyaux métalliques, tout pour monter son deux euros maison (à ne pas tenter chez soi, bien sûr).
Où circulaient ces fausses pièces ? Les dessous pas très nets des casinos et jeux
Au fil de l’enquête, le puzzle s’assemble. La technique est rodée : les pièces contrefaites sont de bonne qualité, si bien qu’elles commencent à s’infiltrer « sans bruit » là où personne ne les regarde vraiment à la loupe… principalement dans les salles de jeux et les casinos. C’est l’endroit rêvé : insérées en grandes quantités dans les machines à sous, elles filent rapidement dans le circuit et, parfois, retombent dans les porte-monnaie du grand public. Les casinos, pas franchement pressés de perdre de l’argent (et qui, entre nous, pourraient combler leur manque à gagner d’un claquement de jeton), ont trop souvent préféré fermer les yeux pour éviter d’assumer la perte. Pourtant, ils disposent de professionnels censés repérer ce genre de supercherie…
Les distributeurs automatiques ne sont pas en reste : les monnayeurs dernier cri ont parfois du mal à faire la différence entre une vraie, une fausse, une vieille pièce ou même un jeton. Autant dire que certains exploitants se font bien avoir, d’autant plus quand la machine accepte tout via une simple clé magnétique. La parade n’est donc pas encore à l’épreuve des plus inventifs !
Détecter la contrefaçon : astuces maison et limites du système
Alors comment ne pas se faire piéger ? Contrairement aux billets, nos pièces du quotidien n’ont pas de fils de sécurité, ni d’hologrammes rutilants pour rassurer le client. Mais il existe, fort heureusement, quelques astuces simples (et gratuites) pour éviter de se faire avoir :
- Regarder de près images et inscriptions : des images mal imprimées, une surface irrégulière ou des bords flous sont des signaux d’alerte.
- La magie de l’aimant : le centre des pièces de 1 et 2 euros est légèrement magnétique, pas l’anneau extérieur. Si toute la pièce (ou aucune partie) colle ou repousse l’aimant, méfiance !
Les banques centrales publient d’ailleurs sur leurs sites des conseils pour évaluer l’authenticité des pièces, notamment la Banque de France qui recommande des dispositifs testés à l’échelle européenne. Mais soyons honnêtes : peu d’entre nous consultent chaque pièce avant le café du matin… et même les professionnels n’ont pas toujours la formation ou le temps pour vérifier toutes les pièces. Dans les casinos, les billets sont systématiquement contrôlés plusieurs fois, mais les pièces passent souvent inaperçues, aussi par souci d’efficacité. Et pour les machines à sous, la détection de contrefaçons de pièces reste mission impossible.
Petite précision qui a le don d’irriter : ramener de la fausse monnaie au commissariat ? Très civique, mais… vous ne serez jamais indemnisé. Mieux vaut donc l’œil affûté que la main innocente !
Rester vigilant… ou privilégier la carte ?
Cette affaire rappelle que la vigilance s’impose pour chaque euro sonnant et trébuchant. Si vous suspectez une pièce suspecte dans la monnaie, quelques tests rapides peuvent sauver votre prochaine tournée de boulangerie. Et tant que les machines ne sont pas infaillibles et que la formation du personnel plafonne au niveau zéro, mieux vaut garder un œil sur sa menue monnaie.
Le meilleur conseil : prenez le réflexe en douceur de vérifier la qualité de vos pièces. Et si vous affectionnez le paiement liquide, une petite dose de méfiance ne nuit jamais… sauf à ceux qui imaginent que la fausse monnaie, ça n’arrive qu’aux autres !





