La somme incroyable que touche Emmanuel Macron chaque mois va vous surprendre
Vous pensiez tout savoir sur les coulisses de l’Élysée ? Détrompez-vous ! Pour la première fois sous la Ve République, le bulletin de salaire du président de la République a été dévoilé, mettant sur la table certaines vérités… et de nombreuses interrogations.
Un salaire dévoilé… mais pas totalement déshabillé
Suite à une décision de justice et après quelques années de résistance du palais, le bulletin de salaire d’Emmanuel Macron a enfin été transmis à l’association Ma Dada, porteuse d’une demande initiée dès 2020 par l’enseignante-chercheuse Luce Sponchiado. On découvre ainsi que le président touche une rémunération brute mensuelle de 16 039 euros, ce qui correspond à 14 586,32 euros nets avant impôt. Un chiffre qui propulse instantanément Emmanuel Macron dans le club très select des hauts revenus à la française !
Ce salaire se décompose de la façon suivante :
- Traitement de base : 12 457 euros (77,7 %)
- Indemnité de fonction : 3 207 euros (20 %)
- Indemnité de résidence : 373 euros (2,3 %)
Une rémunération généreuse, certes, mais à noter qu’elle avait été abaissée de 30 % sous François Hollande et reste indexée sur celle des hauts fonctionnaires.
À cela s’ajoute un avantage en nature de 2 418,25 euros par mois, correspondant à la valeur locative du logement de fonction à l’Élysée. Luxe, calme et volupté ? Pas tout à fait, car plusieurs éléments du bulletin restent occultés, comme le numéro de sécurité sociale du chef de l’État, le volume horaire, ou encore toute référence à une convention collective. L’opacité conserve ainsi quelques bastions imprenables.
Un palais qui coûte (de plus en plus) cher
Si la rémunération personnelle du président attire l’œil, elle n’est que la partie émergée d’un vaste iceberg budgétaire. La dotation allouée à l’Élysée atteint en 2024 la bagatelle de 125,1 millions d’euros, soit une hausse de 11 % par rapport à l’an passé, (en 2022, elle n’était “que” de 105,3 millions). Les critiques ne manquent pas face à cette progression continue, surtout lorsqu’on sait qu’une large part sert aux dépenses de fonctionnement.
La répartition pour 2024 prévoit :
- 76 millions d’euros pour les 817 agents du personnel
- Environ 25 millions pour le fonctionnement courant
- 23,2 millions pour les déplacements présidentiels
- Le reste pour l’investissement et la sécurité
Le spécialiste René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique, évoque sans détour un « dérapage budgétaire » inédit. Ses calculs font état de dépenses totales entre 123 et 127 millions d’euros en 2023, soit +12 à 15 % en un an.
Parmi les postes sensibles : les frais de réception. En 2023, 171 évènements à l’Élysée ont coûté 21 millions d’euros (contre 13,3 millions l’année précédente). Le dîner pour le Premier ministre indien : 412 366 euros, le banquet de Charles III à Versailles : 474 851 euros. Le coût moyen par invité est passé de 29 à 35 euros ! Petit four, grande addition.
Transparence ? Vaste chantier…
La publication du bulletin de paie d’Emmanuel Macron constitue sans doute une avancée vers la transparence. Mais la route reste longue. René Dosière dénonce une « anomalie juridique » persistante : le président fixe lui-même sa rémunération, sans véritable contrôle légal. Quant au contrôle parlementaire, il a perdu de sa vigueur. Selon Dosière, la commission des finances de l’Assemblée nationale serait réduite à enregistrer les chiffres transmis par l’Élysée, sans contrôle indépendant digne de ce nom.
Les résistances sont tenaces. L’autonomie de l’exécutif dans la fixation des rémunérations et le manque de contrôle pèsent encore sur la crédibilité du système. Certaines lignes budgétaires conservent leur part d’ombre, créant un décalage croissant avec l’exigence citoyenne de transparence.
Avantages, club très fermé et pression populaire
Fin de mandat ne rime pas avec fin des avantages. Chaque ancien président bénéficie d’une dotation mensuelle d’environ 6 000 euros bruts, d’un cabinet de sept collaborateurs pendant cinq ans (puis trois à vie), de bureaux, d’un véhicule avec chauffeur, et d’une protection policière à vie. Même le conjoint survivant peut percevoir 50 % de la dotation. Un amendement voté au Sénat en janvier 2025 voulait supprimer ces avantages pour économiser 2,8 millions d’euros, mais il a finalement été écarté sous l’influence de François Bayrou, selon Le Canard enchaîné.
À l’échelle internationale, Emmanuel Macron figure au 7ᵉ rang des chefs d’État les mieux rémunérés : mieux que beaucoup de ses homologues européens, mais derrière le président américain et le chancelier allemand.
Face à la pression citoyenne, l’Élysée a fini par renoncer à l’augmentation de 2,5 % prévue pour 2025. Un recul emblématique qui témoigne du poids des mobilisations individuelles, à l’image de Luce Sponchiado ou du journaliste Xavier Berne, lesquels ont permis d’obtenir des documents initialement tenus secrets.
En conclusion, cette transparence inédite s’accompagne d’autant de questions sur l’exemplarité de nos institutions que de chiffres impressionnants à digérer. Dans une France où plus de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, la rémunération présidentielle n’est pas qu’affaire de comptes publics : c’est une question politique, et pas des moindres. À méditer, chiffres en main… ou en tête.





