Impossible de regarder la série à succès « HPI » avec Audrey Fleurot sans y voir, pour certains, un reflet de la réalité des surdoués. Pourtant, la vérité est bien différente, et elle ébranle tous les clichés. Prêt à questionner vos idées reçues ? Installez-vous confortablement, banissez le mythe du génie solitaire, nous partons à la découverte de la vraie vie des HPI !
La réalité cachée derrière l’étiquette « surdoué »
Première révélation fracassante (tenez vos calculatrices) : non, les surdoués ne sont pas tous des cracks en maths, ni des génies hors du commun. L’image d’un enfant systématiquement premier de la classe ou d’un adulte destinés à un parcours étincelant ? Cliché ! Beaucoup n’ont rien d’un prodige façon « HPI » sur TF1. En fait, ils n’ont pas toujours une haute estime d’eux-mêmes. C’est humain : certains surdoués sont heureux, épanouis, d’autres connaissent des difficultés – tout comme le commun des mortels, au fond.
En cause, une différence profonde, mais pas toujours spectaculaire. Monique de Kermadec, psychologue et spécialiste de la précocité, explique qu’il s’agit avant tout d’une façon unique de penser et de traiter l’information. Chez l’enfant, cela transparaît par une maturité et un questionnement plus adulte que la moyenne. L’adulte, lui, abordera les sujets de son entourage avec une complexité qui interpelle. Bref, un mode d’emploi interne un peu différent, mais pas forcément visible à l’œil nu.
Tests de QI… et au-delà !
Evidemment, on pense tout de suite aux fameux tests de quotient intellectuel. Ces tests existent bien et permettent de mesurer cette capacité, mais – surprise ! – il ne s’agit pas que de « points de QI ». Être surdoué, c’est aussi porter un regard singulier sur le monde et entretenir un rapport particulier aux autres. Monique de Kermadec, autrice entre autres de « L’Adulte surdoué : apprendre à faire simple quand on est compliqué » et « La femme surdouée : double différence, double défi », insiste : la réalité des surdoués va au-delà des chiffres.
Un détail amusant, ou inquiétant selon les points de vue : le sujet attire. De plus en plus de parents questionnent sans relâche (parfois à raison, souvent à tort) la possibilité que leur enfant soit surdoué. Résultat, une avalanche de livres, de tests et de conseils, faisant même émerger un business autour du sujet.
Grandir… mais rester différent
Mais quid des adultes ? C’est le grand impensé ! Les petits surdoués ne se métamorphosent pas en quidams banals en grandissant : cette spécificité ne s’évapore pas avec les années. Nombreux sont ceux qui ne découvrent leur haut potentiel intellectuel qu’à l’âge adulte, souvent après la lecture d’ouvrages, une visite chez le psy, ou parce qu’un enfant de la famille est diagnostiqué. Parfois, on passe un test ; parfois non, mais soudain, on comprend d’où vient ce sentiment de décalage ou cette impression persistante d’être « différent ». Certains s’y habituent, voire transforment cette différence en force. D’autres, en revanche, en souffrent.
- Un sentiment de différence qui perdure toute la vie
- L’acceptation ou la souffrance, variables d’un individu à l’autre
Surdoué, HPI, précoce, zèbre… Des mots pour dire la différence
Difficile de s’y retrouver, même dans le vocabulaire ! Les mots « surdoué », « haut potentiel intellectuel », « précocité » ou « zèbres » désignent une même réalité… avec des nuances et des incompatibilités culturelles.
- Le mot « surdoué », né dans les années 1940 sous la plume d’un pédopsychiatre, évoque souvent un sentiment de supériorité qui met mal à l’aise en France. Pour cause, ces enfants ne sont pas obligatoirement les meilleurs en classe et les adultes concernés n’ont pas toujours une carrière brillante. Cette appellation gêne aussi ceux qu’elle désigne et des termes alternatifs ont émergé.
- « Intellectuellement précoce » décrit le développement de l’enfant, mais les adultes restent concernés, même une fois l’enfance laissée derrière eux.
- La psychologue Jeanne Siaud-Facchin, quant à elle, a adopté le terme de « zèbres » : ces équidés qui, selon elle, sont impossibles à apprivoiser et qui se distinguent naturellement.
Au final, la vérité choc, c’est bien que la vie des surdoués ne ressemble ni à un conte de fées ni à un parcours d’obstacles à la mode mathématiques. Ce sont simplement des personnes riches d’une différence, parfois source de doutes, parfois d’accomplissement. Laissons donc les étiquettes au vestiaire, et souvenons-nous que chaque parcours est unique, que l’on soit HPI, zèbre ou juste soi-même.












