Il pensait investir, il perd 300 000€ dans une arnaque crypto effarante
- Guillaume Pinson
- 12 décembre 2025
- QUOTIDIEN
- 0 Comments
« Il pensait investir, il perd 300 000€ dans une arnaque crypto effarante » : derrière ce titre digne d’un film policier, se cache une véritable descente aux enfers pour un habitant de Château-Landon, qui se croyait sans doute à l’abri derrière son écran. Retour sur une escroquerie diaboliquement ficelée, plusieurs victimes, et une condamnation exemplaire prononcée par le tribunal correctionnel de Fontainebleau.
Une immense escroquerie à la cryptomonnaie démantelée
Tout commence par un rêve un peu trop beau : celui de récupérer ses investissements perdus grâce à une mystérieuse opportunité « haut rendement ». Malheureusement, derrière la façade clinquante se cache un vrai piège dont les ressorts sont aujourd’hui bien connus.
Jeudi 9 février, un homme d’une cinquantaine d’années a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, pour son rôle dans une vaste escroquerie à la cryptomonnaie. L’affaire, rapportée par Le Parisien, révèle une mécanique redoutable exploitée contre pas moins de 14 victimes, pour un préjudice total de 350 000 euros. Le principal condamné avait, pour acolyte, son propre cousin, instigateur de l’arnaque depuis Israël. Ce dernier est justement soupçonné d’avoir tiré les ficelles en coulisse, tandis que le condamné, après un retour du Proche-Orient en décembre, a reconnu l’ensemble des faits devant les juges.
Le mode opératoire : la face cachée du virtuel
Les gendarmes étaient sur la piste du prévenu depuis juin 2022. C’est à ce moment précis que la victime habitant Château-Landon a eu le courage de porter plainte, après avoir vu fondre ses économies comme neige au soleil.
Mais alors, comment les escrocs opéraient-ils exactement ?
- D’abord, ils récupéraient les noms de leurs futures victimes dans le fichier d’une plateforme de trading tout juste tombée en faillite. La combine, aussi vieille que le monde : profiter d’une situation déjà fragilisée pour ferrer le poisson !
- Puis, se faisant passer pour de prétendus traders œuvrant pour la société ayant racheté ladite plateforme, ils contactaient leurs proies avec une proposition alléchante : récupérer leur mise de départ… à condition de la réinvestir dans une formule magique de cryptomonnaie hyper rentable.
- La victime mordu à l’hameçon, une nouvelle étape s’ouvre : elle doit ouvrir un compte en ligne pour « encaisser les plus-values » promises. On lui demande de fournir documents d’identité, justificatif de domicile et RIB. La routine, mais avec des intentions nettement moins honnêtes.
- Désormais, les escrocs prennent les commandes. Ils créent une adresse mail, un numéro de téléphone liés au compte ainsi ouvert, et, armés d’une copie de la carte bancaire, peuvent souscrire des crédits à distance… au nom de leur victime, évidemment.
C’est par ce stratagème qu’ils ont réussi à dérober 75 000 euros à l’habitant de Château-Landon, un coup de maître pour les malfaiteurs… mais hélas, l’histoire ne s’arrête pas là.
Des pertes vertigineuses et un préjudice global massif
Quitte à faire dans l’excès, autant vider les comptes jusqu’à la dernière pièce. Outre la première somme, la victime a vu s’envoler 225 000 euros supplémentaires : à l’aide d’un logiciel leur donnant accès à l’ordinateur à distance, les voleurs ont littéralement siphonné ses divers comptes bancaires. Cerise sur le gâteau : tout l’argent a ensuite été blanchi grâce à la cryptomonnaie, rendant la trace encore plus difficile à remonter.
Pour ne pas éveiller les soupçons, les escrocs poussent le vice jusqu’à produire de faux relevés bancaires. Ceux-ci font état de jolis gains et laissent croire au malheureux investisseur que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes numériques… jusqu’à la douche froide.
- Près de 300 000 euros de pertes pour la victime principale
- 14 victimes au total, pour 350 000 euros de préjudice global
- Montage international avec une opération depuis Israël
- Faux relevés, usurpation d’identité, ouverture de crédits à l’insu des victimes
La tâche des autres complices n’a pas été de tout repos : grâce à la vigilance des gendarmes et à l’intervention des services antifraude des banques en ligne, les autres victimes ont globalement subi un préjudice moins sévère.
Leçon amère et vigilance à l’ère du digital
Derrière la technique bien rodée et les promesses de fortune facile, ce dossier nous rappelle qu’aucun écran n’est un bouclier infaillible face à la ruse. La condamnation du principal complice sonne comme un avertissement pour tous : il est essentiel de garder la tête froide, surtout lorsque l’on parle de son argent. Si une offre paraît trop belle pour être vraie, c’est probablement… qu’elle l’est !
Une affaire qui en appellera peut-être d’autres tant l’inventivité des escrocs n’a pas de frontières. À chacun, désormais, d’apprendre à repérer et éviter leurs filets. Et n’oubliez jamais : votre meilleur investissement reste d’abord votre vigilance !





