
“Ma mère ne regardait jamais les prix” : le piège à éviter avec vos enfants
- Guillaume Pinson
- 26 novembre 2025
- QUOTIDIEN
- 0 Comments
Qui n’a jamais fait des courses au supermarché avec sa mère sans vraiment comprendre cette étrange pratique qu’était « regarder les prix au kilo » ? Derrière cet acte anodin se cache une grande leçon de la vie, et parfois… un terrible piège éducatif : celui de ne rien expliquer ou, à l’inverse, de rester dans l’extrême du silence ou de l’angoisse à propos de l’argent. Plongée dans un héritage pas si anodin, 100% garanti sans tableur Excel obligatoire.
Apprendre à parler (d’argent), c’est (aussi) apprendre à vivre
Le Figaro a posé sa loupe parentale sur quatre grands piliers du développement de l’enfant : l’empathie, la confiance en soi, le goût de l’effort et… la gestion de l’argent. Oui, ouvrir un livret A, c’est bien, mais expliquer ce qu’on y met, c’est mieux ! Cette série s’appuie sur les conseils de chercheurs, de cliniciens, et surtout de parents, pour décortiquer les meilleures façons de transmettre ces fondations.
On y découvre par exemple le témoignage de Maud. Petite, elle n’entendait jamais de discussion à la maison sur les questions financières. « Ils oscillaient entre un comportement bohème genre ‘on s’en fout, les sous sont faits pour être dépensés’ et une attitude de petits-bourgeois anxieux – mon père éteignait la lumière si on sortait d’une pièce pendant trente secondes. » Drôle de grand écart : d’un côté, la désinvolture, de l’autre, la peur du gaspillage… mais jamais l’explication.
Adulte : l’addition tombe (et les decouverts aussi)
Résultat ? À 32 ans, Maud avoue « ne pas savoir calculer un budget ni répartir les dépenses. » Elle économise, oui, mais se retrouve à découvert tous les mois : son parcours ressemble à celui de 20% des Français en 2021. Entre école de la débrouille, conseils chinés sur Instagram (sur le compte Plan Cash, qui mise sur une éducation financière féministe), et apprentissage en autodidacte, la jeune cadre tente de « se rattraper »… Cette démarche n’a rien de rare : beaucoup, comme elle, se mettent soudain à regarder le prix au kilo, bien trop tard pour éviter une boulette bancaire. Morgane Dion, cofondatrice de Plan Cash, confie elle-même avoir reçu « aucune éducation » sur ce sujet, et s’être retrouvée criblée de dettes en début de trentaine. La recette familiale ? L’achat émotionnel, transmis comme d’autres héritent de la recette du clafoutis.
L’ère des solutions et… des rappels à l’ordre
Le 26 octobre, Plan Cash propose une conférence gratuite réunissant Caroline Menager (fondatrice de PixPay, banque en ligne pensée pour les ados) et Adeline Dilman (conseillère en gestion de patrimoine) sur ce thème crucial : « Éduquer financièrement et investir pour vos enfants ». Objectif assumé : transmettre de bonnes habitudes de gestion – histoire de ne pas faire d’une partie de Monopoly un drame à la fin du mois.
- Poursuivre ce travail à la maison, parler de l’argent, de la gestion et des choix
- Montrer comment répartir un budget (sans forcément se transformer en banquier grincheux – bon courage pour le look)
- S’intéresser aux témoignages des anciens : certains, comme cette grand-mère de 91 ans, gardent leur agenda à double entrée pour le suivi des comptes sans jamais avoir utilisé Excel !
Il suffit parfois de revenir aux fondamentaux. Certains s’en sortaient avec des enveloppes pour chaque dépense, à l’époque où la paye tombait en espèces. La recette ancestrale reste efficace : a-t-on vraiment besoin de sortir la calculette en permanence, ou suffit-il de planifier, simplement ?
Conclusion : Transmettre, expliquer, partager… et parfois, apprendre avec eux
La gestion de l’argent fait partie des apprentissages essentiels, tout comme l’empathie, la confiance en soi ou l’effort. Le véritable piège, c’est le tabou. Parler d’argent avec vos enfants, c’est leur offrir des outils pour demain, pas seulement pour éviter les découverts mais pour affronter la vie adulte avec un peu plus de sérénité. Et si, au passage, vous leur apprenez à regarder le prix au kilo, ils vous en remercieront (enfin, peut-être… par texto).





