“On l’a tous fait” : les pires mensonges repérés dans les CVs par les recruteurs
- Guillaume Pinson
- 12 novembre 2025
- QUOTIDIEN
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On l’a tous fait : qui n’a jamais été tenté de gonfler (un tout petit peu) son CV ? Une ligne en plus ici, une compétence magique là… Mais si l’art de la retouche photo a envahi nos profils, retoucher la vérité peut coûter cher. Car derrière un sourire en entretien, le recruteur n’est pas dupe et le détecteur de bobards est souvent bien affûté. Plongée, chiffres à l’appui, dans les mensonges les plus courants repérés par les professionnels… et leurs conséquences souvent bien réelles.
Diplômes, expériences, la tentation de l’arrangement
Chercher un emploi n’est jamais simple, alors certains cherchent à attirer l’œil du recruteur avec quelques libertés personnelles dans leur parcours. Selon une étude de la plateforme d’apprentissage en ligne Preply, plus de la moitié des Français ont déjà triché sur leur CV pour séduire un employeur. Le grand classique, c’est de mentir sur son niveau d’études : environ 10 % des candidats admettent avoir déjà mentionné un diplôme non validé, ou carrément brodé un titre venu de nulle part. Même chanson pour le chapitre expériences : transformer un stage de trois semaines ou un CDD express en CDI pérenne relève presque du passage obligé (à proscrire, bien sûr).
- 10 % des candidats ont déjà cité un diplôme non obtenu, voire inventé.
- Certains transforment stages ou courts contrats en « véritable CDI ».
Gonfler ses missions : quand l’administration devient gestion de projet
Autre gymnastique très répandue : donner un léger lifting à ses missions. Un simple suivi administratif peut subitement se muer en intense gestion de projet sur le papier. Le hic, c’est quand le recruteur demande « un exemple concret » : gare au syndrome de la feuille blanche ! Sur le terrain, près de 8 % des sondés confessent avoir exagéré leurs résultats dans le feu de l’action, qu’il s’agisse de chiffres de vente spectaculaires, de projets menés « de A à Z », ou de notes scolaires qui feraient rougir de jalousie leurs anciens professeurs. Entre un brin de fierté et l’invention pure, la frontière est parfois très fine… Mais en entretien, quand on vous demande de prouver vos dires, le retour de bâton n’est jamais loin.
- 8 % ont gonflé leurs résultats passés, quel que soit le domaine.
- Le risque : devoir fournir rapidement des preuves concrètes.
Périodes d’inactivité et compétences imaginaires : deux sujets sensibles
Le chômage ou les périodes sans activité professionnelle sont encore (trop) souvent vus comme un aveu de faiblesse. Résultat : 7 % des candidats préfèrent « oublier » ces épisodes, plutôt que de les expliquer franchement. Pourtant, la tendance évolue : un nombre croissant de recruteurs prône la transparence. Mieux vaut, d’ailleurs, assumer un passage à vide et mettre en avant des compétences acquises autrement (bénévolat, formation, projets personnels) que de semer le doute.
Se déclarer expert d’un logiciel ou d’un outil alors qu’on a à peine ouvert la page d’accueil : là aussi, la tentation est grande (7 % s’y sont déjà laissés prendre). Mais une fois en poste, la réalité rattrape vite l’imposteur et les conséquences peuvent être catastrophiques, surtout quand il s’agit de compétences techniques indispensables.
- 7 % ont masqué une période d’inactivité dans leur CV.
- 7 % ont surestimé leur maîtrise d’un outil pro ou technique.
La frontière de l’inacceptable : diplômes inventés et leurs conséquences
Pour environ 6 % des répondants, la ligne rouge est allègrement franchie : ils avouent avoir tout simplement inventé un diplôme. Si ce genre de bluff passe parfois pour des postes peu qualifiés, il peut se transformer en cauchemar dans des secteurs où les vérifications sont systématiques (santé, finance, enseignement). Et là, ce n’est plus une question de simple recadrage : le poste peut sauter, et les sanctions juridiques pointer le bout de leur nez.
- 6 % ont inventé de toute pièce un diplôme.
- Risques majeurs : perte de poste, conséquences juridiques sérieuses.
Les recruteurs, eux, veillent au grain : un sur deux déclare avoir déjà écarté un candidat en découvrant une incohérence dans son CV. Même lorsque le mensonge résiste à l’entretien, il finit tôt ou tard par ressortir une fois en poste. Rappel légal utile : l’article L1222-1 du Code du travail précise que le contrat doit être exécuté de bonne foi. En cas de fraude avérée, c’est la porte assurée pour faute grave.
En définitive : si l’envie vous titille d’embellir la réalité, souvenez-vous qu’en matière de recrutement, la transparence paie plus sur la durée que toutes les “créativités”. Misez sur vos atouts réels, valorisez même les passages à vide, et rappelez-vous que les experts, les vrais, n’ont rien à craindre du fact-checking !





