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Peut-on vraiment aimer sans sexe ? La réponse qui dérange les couples

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Peut-on vraiment aimer sans sexe ? La réponse qui dérange les couples

Le couple, ce grand refuge (pas toujours douillet)

Quand la banquise fond plus vite que nos cœurs (si, si), que l’incertitude et le stress du boulot donnent envie d’adopter la pierre philosophale, il reste un coin sacré : le couple. Cette « valeur refuge », comme l’appelle la thérapeute Caroline Kruse, concentre tous nos espoirs de réussite et nos attentes de bonheur sur mesure. Il faut que ça marche ! Le hic : la perfection n’existe pas, pas plus pour les couples que pour les tartes aux pommes. « La quête de la perfection ? C’est se cantonner à l’échec. » Voilà qui a le mérite d’être clair.

Dans son cabinet, Kruse voit passer toutes les palettes d’émotions : on se met à nu (pas toujours physiquement), on pleure, on rit, on se retrouve… et parfois, on se sépare. Des scènes qui ont inspiré son livre Il faut qu’on parle. Mais ici, pas de leçon magistrale : il s’agit surtout d’apprendre à aimer les imperfections, les siennes, celles de l’autre, et même celles du couple. Trop d’injonctions, trop d’attentes : il faudrait être à la fois épouse, mère, amante exceptionnelle… et pour les hommes, idem ! Pas étonnant que certains concepts de développement personnel pèsent lourd sur la relation. Finalement, reformuler, reprendre confiance et alléger les oreilles fatiguées, c’est tout un art.

Le désir, victime collatérale du quotidien ?

Aimer sans sexe, est-ce vraiment possible ? On le confesse : les conflits du couple ne sont pas toujours torrides ! Les problèmes d’intendance – une assiette dans l’évier, des chaussettes qui traînent – sont rarement sexy, mais loin d’être anodins. Ils cachent des enjeux de pouvoir, d’anxiété, et parfois, la manie du rangement masque un besoin de contrôle (et d’apaiser ses peurs). Quand on prend le temps d’analyser ce qui se joue, tout devient plus clair, chacun peut faire un pas, et le respect s’installe à petite dose. Bonne nouvelle : ranger ses affaires ou laisser traîner une assiette une heure de plus n’a jamais tué un désir (en tout cas, aucun cas n’a été rapporté…).

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Mais la vraie bête noire reste la baisse du désir. Elle surgit, souvent, sans prévenir, victime du fameux « rouleau compresseur du quotidien ». En consultation, on découvre que ce désir en berne est rarement une histoire de chambre à coucher : il vient d’ailleurs, de zones d’ombre non dites ou non réglées. « Le désir revient quand le problème est analysé, abordé, élaboré, » explique Kruse. Parfois, c’est même l’infidélité qui sert de signal d’alarme : elle souligne un malaise profond, une impossibilité d’exprimer autrement ce qui coince. Tout l’enjeu devient alors de sortir de la position de victime, accepter de se remettre en question, et – soyons lucides – parfois, de faire avec et d’accorder moins d’importance à certains écarts.

Quand la passion décline : faut-il s’inquiéter ?

« Moins de passion, plus de concertation », tels sont parfois les mots d’ordre, surtout dans certaines cultures où l’on préfère l’équilibre à l’emballement. Mais si la passion s’émousse, faut-il craindre d’entrer dans la catégorie redoutée des « couples Kleenex » ? Pas forcément. Les couples d’aujourd’hui, notamment les plus jeunes, adoptent assez facilement la démarche préventive : consulter avant que tout s’envenime, c’est déjà un signe d’amour et de respect de l’autre. La consultation devient alors un acte fort, compris comme le désir commun de faire durer la flamme, même tiède.

Quant aux plus de 50 ans, ils rêvent surtout d’un quotidien apaisé, harmonieux, où la « bonne routine » n’est pas gommée mais rassurante. À la retraite, ce n’est plus la passion insatiable qui les anime, mais une entente cordiale, nourrie de projets communs et de créativité à deux. À tout âge, une constante : l’envie de brillance, de joie, d’inventivité, sans pour autant croire que tout doit être extraordinaire pour que ça marche.

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Aimer sans sexe : un amour possible ?

Parfois, le doute s’installe : et si l’on ne s’était jamais aimé ? Il arrive que des hommes se marient avec des femmes vues comme amies plus que partenaires amoureux, que le couple se construise sur l’affection sans que l’amour passionnel ne s’installe. Pourtant, l’amour ne s’en va pas « comme ça »…

Alors, peut-on aimer sans sexe ? La vraie question semble être : peut-on aimer sans accepter les failles et la créativité du quotidien ? L’accord tacite de certains couples face à la sexualité, la transformation de la passion en tendresse, la capacité à se réinventer… Tout cela dépend moins des galipettes que de l’écoute, du respect, et d’un brin d’humour.

Conseil du jour : arrêtons de vouloir vivre la passion vingt-quatre heures sur vingt-quatre, laissons-nous une assiette dans l’évier (raisonnablement) et rappelons-nous qu’aimer, c’est aussi s’accorder le droit d’inventer, ensemble, sa propre recette… avec ou sans sexe.

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