Le salaire d’une infirmière en France dépend directement de son statut professionnel, de son ancienneté et de sa spécialisation. En 2026, une infirmière diplômée d’État (IDE) perçoit entre 2 100 € et 3 600 € brut mensuel dans la fonction publique hospitalière, tandis qu’en libéral, le revenu net peut atteindre 2 500 € à 4 000 € après déduction des charges. Le secteur privé propose quant à lui des rémunérations généralement comprises entre 1 800 € et 2 800 € net selon l’expérience.
Les 5 points clés à retenir sur la rémunération des infirmières :
- Le salaire brut démarre à 2 100 € dans le public et peut atteindre 3 600 € en fin de carrière au premier grade
- La prime Ségur ajoute 183 € net par mois, auxquels s’ajoutent les indemnités de nuit, week-end et jours fériés
- En libéral, le chiffre d’affaires mensuel oscille entre 5 000 € et 8 000 €, pour un revenu net de 2 500 € à 4 000 €
- Les spécialisations (IADE, IBODE, puéricultrice) permettent d’atteindre 2 800 € à 4 500 € net mensuel
- Les écarts de salaire entre régions peuvent représenter jusqu’à 15 % de différence sur le traitement indiciaire
Cette rémunération reflète-t-elle vraiment la réalité du terrain ? On va décortiquer chaque statut pour y voir plus clair.
💡 À retenir sur le salaire des infirmières en 2026
Dans la fonction publique hospitalière : le salaire brut démarre à 2 100 € mensuel au premier échelon et peut atteindre 3 600 € en fin de carrière. La prime Ségur ajoute 183 € net par mois, complétée par les indemnités de nuit, week-end et jours fériés. Le salaire net réel oscille entre 2 000 € et 2 800 € selon l’ancienneté et les primes perçues.
En exercice libéral : le chiffre d’affaires mensuel se situe entre 5 000 € et 8 000 €. Après déduction des charges professionnelles et cotisations sociales (environ 45 %), le revenu net disponible atteint 2 500 € à 4 000 € par mois. Les revenus varient fortement selon la zone géographique et la densité de patientèle.
Dans le secteur privé : la rémunération démarre entre 1 800 € et 2 000 € net mensuel pour une débutante. Avec l’expérience, le salaire évolue vers 2 200 € à 2 600 € net. Les primes d’ancienneté et les dispositifs d’intéressement complètent la rémunération de base.
Les spécialisations : une IADE perçoit 2 800 € à 4 500 € net, une IBODE entre 2 500 € et 3 800 € net, et une puéricultrice de 2 200 € à 3 200 € net mensuel. Le passage cadre de santé permet d’atteindre 3 000 € à 4 500 € net.
Les écarts géographiques : l’indemnité de résidence peut ajouter 3 % du traitement indiciaire en Île-de-France. Les primes d’attractivité dans les zones tendues représentent 100 € à 300 € net supplémentaires. En DOM, l’indemnité de sujétion géographique majore la rémunération de 40 % à 53 %.
Quel est le salaire d’une infirmière à l’hôpital public ?
Dans la fonction publique hospitalière, la rémunération d’une infirmière suit une grille indiciaire stricte qui détermine le salaire brut mensuel. Une infirmière en soins généraux au premier grade et premier échelon perçoit 2 100 € brut, soit environ 1 750 € net. Après 10 ans de carrière, au sixième échelon, ce montant atteint 2 550 € brut (environ 2 100 € net). En fin de carrière au premier grade, le salaire brut mensuel s’élève à 3 337 € (environ 2 600 € net).
Grille salariale infirmière fonction publique hospitalière (2026)
| Échelon | Ancienneté | Indice majoré | Salaire brut | Salaire net estimé |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Début | 395 | 2 100 € | 1 750 € |
| 2 | 1 an | 424 | 2 087 € | 1 730 € |
| 3 | 2,5 ans | 447 | 2 200 € | 1 820 € |
| 5 | 6,5 ans | 491 | 2 417 € | 2 000 € |
| 6 | 9 ans | 518 | 2 550 € | 2 110 € |
| 7 | 12 ans | 550 | 2 707 € | 2 240 € |
| 9 | 18 ans | 610 | 3 003 € | 2 485 € |
| 11 | 26 ans | 678 | 3 337 € | 2 760 € |
Note : Les salaires nets sont estimés hors primes et indemnités. La prime Ségur (183 € net) et les indemnités de nuit/week-end s’ajoutent à ces montants.
Le traitement indiciaire représente la base de calcul, mais il ne constitue qu’une partie de la fiche de paie. Chaque échelon correspond à un indice majoré multiplié par la valeur du point d’indice (4,92278 € depuis janvier 2024). La progression d’échelon s’effectue automatiquement selon l’ancienneté, avec des durées variables allant de 1 an à 4 ans selon le niveau atteint.
Les éléments qui composent la rémunération à l’hôpital public :
- Le traitement indiciaire brut de base calculé sur la grille (2 100 € à 3 337 € selon l’échelon)
- La prime Ségur de 183 € net par mois versée depuis 2021
- Les indemnités horaires pour travaux supplémentaires (IHTS) au-delà de 39 heures hebdomadaires
- L’indemnité forfaitaire pour travail des dimanches et jours fériés (IFTD) d’environ 48 € brut par dimanche
- L’indemnité horaire pour travail de nuit (IHTN) variant de 3 à 7 € brut par heure selon l’horaire
- Le supplément familial de traitement (SFT) pour les agents avec enfants
- Les bonifications indiciaires dans certains services (réanimation, urgences)
Le passage au grade 2 permet d’accéder à une grille indiciaire plus favorable. Au premier échelon du grade 2, le salaire brut atteint 2 102 €, et peut grimper jusqu’à 3 578 € brut au onzième échelon. Ce grade supérieur s’obtient par avancement après plusieurs années d’exercice dans le premier grade. Soyons honnêtes : avec les primes et indemnités, une infirmière hospitalière perçoit généralement entre 2 000 € et 2 800 € net mensuel en pratique.
La fonction hospitalière propose également une prime de service annuelle qui varie selon l’établissement et les résultats collectifs. Certains hôpitaux versent des primes d’attractivité pour fidéliser les professionnels, notamment dans les zones tendues où le recrutement s’avère difficile.
Les lecteurs curieux d’explorer les écarts de rémunération selon l’expérience ou la localisation pourront découvrir ce dossier consacré au salaire des chirurgiens-dentistes en France.
Combien gagne une infirmière en libéral ?
L’exercice libéral transforme complètement la logique de rémunération. Une infirmière libérale ne reçoit pas de salaire, mais génère un chiffre d’affaires mensuel généralement compris entre 5 000 € et 8 000 €. Ce montant varie considérablement selon la densité de patients, la zone géographique d’installation et le type d’actes réalisés.
Comparatif des salaires selon le secteur d’exercice
| Secteur | Débutante | 5-10 ans | Fin de carrière | Avantages |
|---|---|---|---|---|
| Hôpital public | 1 750 € net | 2 100-2 400 € net | 2 600-2 950 € net | Prime Ségur + sécurité emploi + progression automatique |
| Clinique privée | 1 800-2 000 € net | 2 200-2 600 € net | 2 500-2 800 € net | Intéressement possible + primes ancienneté 3-15% |
| Exercice libéral | 2 000-2 500 € net | 2 800-3 500 € net | 3 500-4 500 € net | Autonomie totale + revenus évolutifs – charges 45% CA |
Les montants incluent les primes principales mais varient selon les indemnités de nuit, week-end et jours fériés effectivement travaillés.
Tu te demandes combien reste-t-il réellement après les charges ? Le revenu net mensuel se situe entre 2 500 € et 4 000 € une fois déduites toutes les charges professionnelles. Ces charges comprennent les cotisations sociales (environ 45 % du chiffre d’affaires), la retraite complémentaire, l’assurance responsabilité civile professionnelle (environ 800 € par an), le loyer du cabinet si applicable, le matériel médical, les frais de déplacement et les frais de comptabilité.
Les principales dépenses d’une infirmière libérale :
- Les cotisations URSSAF représentant 45 % du chiffre d’affaires en moyenne
- Le loyer du cabinet entre 400 € et 800 € mensuel selon la localisation
- Les frais de véhicule (carburant, entretien, assurance) pour environ 300 € à 600 € par mois
- Le matériel médical et les consommables pour 150 € à 300 € mensuel
- L’assurance responsabilité civile professionnelle à 800 € annuel environ
- Les frais de comptabilité et de gestion entre 100 € et 200 € par mois
Les actes infirmiers sont cotés selon la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP). Un acte infirmier de soins (AMI) est coté 11,88 €, tandis qu’une injection simple vaut 4,44 €. Les déplacements sont indemnisés à hauteur de 2,50 € par trajet. Une tournée matinale complète peut générer entre 150 € et 250 € de chiffre d’affaires selon le nombre de patients et la complexité des soins.

L’installation en libéral nécessite généralement 2 ans d’exercice préalable en milieu hospitalier. Les premières années d’activité affichent souvent des revenus plus faibles, le temps de constituer une patientèle stable. En zone rurale, la demande de soins à domicile reste forte, mais les distances parcourues augmentent les frais de déplacement. En zone urbaine dense, la concurrence s’avère plus importante, mais les déplacements sont réduits.
Quel est le salaire d’une infirmière dans le secteur privé ?
Dans les cliniques privées et les établissements de santé à but lucratif, la rémunération d’une infirmière dépend de la convention collective applicable et de la politique salariale de l’établissement. Une infirmière débutante dans le privé perçoit généralement entre 1 800 € et 2 000 € net mensuel. Avec 5 à 10 ans d’expérience, ce montant évolue vers 2 200 € à 2 600 € net.

La grille salariale du secteur privé s’appuie sur la convention collective nationale de l’hospitalisation privée à but lucratif (FEHAP) ou la convention collective de 1951. Ces grilles prévoient des coefficients qui déterminent le salaire de base. Contrairement au public, la progression salariale dans le privé repose davantage sur la négociation individuelle et la politique de l’établissement que sur un avancement automatique.
Certains groupes privés proposent des dispositifs d’intéressement ou de participation aux bénéfices qui peuvent représenter l’équivalent d’un treizième mois. Les primes d’ancienneté s’ajoutent au salaire de base après plusieurs années de présence, généralement à hauteur de 3 % après 3 ans, puis 6 % après 6 ans, et jusqu’à 15 % après 15 ans.
Les avantages complémentaires dans le privé :
- Les dispositifs d’intéressement et de participation pouvant représenter un mois de salaire
- Les primes d’ancienneté de 3 % à 15 % selon les années de présence
- Les majorations pour travail de nuit, week-end et jours fériés (25 % à 50 % du taux horaire)
- Les complémentaires santé prises en charge à hauteur de 50 % minimum par l’employeur
- Les titres restaurant d’une valeur de 8 € à 10 € par jour travaillé
Les majorations pour travail de nuit dans le privé s’élèvent généralement à 25 % du taux horaire, contre 50 % pour les dimanches et 100 % pour les jours fériés. Ces taux varient selon les établissements et les accords d’entreprise négociés. Franchement, les conditions salariales dans le privé peuvent s’avérer intéressantes dans certains groupes, notamment ceux confrontés à des difficultés de recrutement qui ajustent leurs grilles pour attirer les professionnels.
Quel salaire pour une infirmière selon sa spécialisation ?
Les spécialisations infirmières ouvrent l’accès à des rémunérations significativement supérieures. Une infirmière anesthésiste diplômée d’État (IADE) perçoit entre 2 800 € et 4 500 € net mensuel selon son ancienneté et son lieu d’exercice. Cette spécialisation nécessite 2 ans de formation après au moins 2 ans d’exercice en soins généraux.
Rémunération selon la spécialisation infirmière
| Spécialisation | Durée formation | Prérequis | Salaire débutant | Salaire confirmé |
|---|---|---|---|---|
| IADE (Anesthésiste) | 2 ans | 2 ans d’exercice | 2 800 € net | 3 500-4 500 € net |
| IBODE (Bloc opératoire) | 18 mois | Après DE IDE | 2 500 € net | 3 000-3 800 € net |
| Puéricultrice | 1 an | Après DE IDE | 2 200 € net | 2 600-3 200 € net |
| IPA (Pratique avancée) | 2 ans (Master) | 3 ans d’exercice | 3 000 € net | 3 500-4 000 € net |
| Cadre de santé | 10 mois | 4 ans d’exercice | 3 000 € net | 3 800-4 500 € net |
Les salaires mentionnés correspondent au secteur public avec primes. Dans le privé, les montants peuvent varier de ±10% selon les établissements.
L’infirmière de bloc opératoire diplômée d’État (IBODE) gagne entre 2 500 € et 3 800 € net par mois. La formation dure 18 mois et peut être suivie directement après l’obtention du diplôme d’État infirmier. Dans la fonction publique hospitalière, ces spécialisations correspondent à des grilles indiciaires spécifiques avec des indices majorés plus élevés dès le premier échelon.
Une puéricultrice diplômée d’État perçoit généralement entre 2 200 € et 3 200 € net mensuel. Cette spécialisation d’un an se concentre sur les soins aux nouveau-nés, enfants et adolescents. Les puéricultrices exercent en maternité, en néonatologie, en PMI ou en crèche, avec des rémunérations variant selon le secteur d’activité.
Les grilles salariales des principales spécialisations :
- IADE en début de carrière : 2 215 € brut (environ 2 800 € net avec primes)
- IADE en fin de carrière : 3 785 € brut (environ 4 500 € net avec primes)
- IBODE en début de carrière : 2 100 € brut (environ 2 500 € net avec primes)
- IBODE en fin de carrière : 3 785 € brut (environ 3 800 € net avec primes)
- Puéricultrice débutante : 2 186 € brut (environ 2 200 € net avec primes)
- Puéricultrice confirmée : 3 579 € brut (environ 3 200 € net avec primes)
Les infirmiers en pratique avancée (IPA) constituent une nouvelle catégorie créée en 2018. Cette formation de 2 ans (niveau master) accessible après 3 ans d’exercice permet d’atteindre des rémunérations comprises entre 3 000 € et 4 000 € net mensuel. Les IPA peuvent exercer dans différents domaines (pathologies chroniques, oncologie, néphrologie, santé mentale) avec des prérogatives élargies incluant prescription et renouvellement d’ordonnances.
Le passage cadre de santé représente une évolution de carrière accessible après 4 ans d’exercice et 10 mois de formation. Un cadre de santé perçoit entre 3 000 € et 4 500 € net par mois selon son grade et son ancienneté, avec des responsabilités de management d’équipe et de coordination des soins.
Comment le salaire d’une infirmière évolue-t-il avec l’expérience ?
L’ancienneté joue un rôle déterminant dans la progression salariale des infirmières. Dans la fonction publique hospitalière, la grille indiciaire prévoit 11 échelons au premier grade avec des durées d’avancement allant de 1 an (entre les échelons 1 et 2) à 4 ans (entre les échelons 9 et 10). Cette progression automatique garantit une augmentation régulière du traitement indiciaire tout au long de la carrière.

Une infirmière en début de carrière au premier échelon perçoit 2 100 € brut mensuel. Après 5 ans d’exercice, elle atteint généralement l’échelon 5 avec 2 417 € brut. À 10 ans de carrière, l’échelon 7 correspond à 2 707 € brut. En fin de carrière, après 25 à 30 ans, le onzième échelon du premier grade atteint 3 337 € brut.
Le passage au grade 2 intervient par avancement après plusieurs années dans le grade 1. Ce changement de grade offre une revalorisation immédiate du salaire brut mensuel et ouvre l’accès à une grille allant jusqu’à 3 578 € brut au onzième échelon. Faut dire que cette progression reste plus lente que dans certains secteurs privés, mais elle garantit une stabilité et une prévisibilité appréciables.
L’évolution typique d’une carrière hospitalière :
- 0 à 2 ans : échelons 1-2, salaire brut de 2 100 € à 2 200 € (1 750 € à 1 820 € net)
- 3 à 7 ans : échelons 3-6, salaire brut de 2 300 € à 2 550 € (1 900 € à 2 100 € net)
- 8 à 15 ans : échelons 7-9, salaire brut de 2 700 € à 3 000 € (2 230 € à 2 480 € net)
- 16 à 25 ans : échelons 10-11, salaire brut de 3 175 € à 3 337 € (2 620 € à 2 600 € net)
- Passage grade 2 : rémunération jusqu’à 3 578 € brut (2 950 € net environ)
Dans le secteur privé, l’évolution salariale dépend davantage des politiques internes et des négociations individuelles. Les primes d’ancienneté progressent par paliers : 3 % après 3 ans, 6 % après 6 ans, 9 % après 9 ans, 12 % après 12 ans et 15 % après 15 ans. Cette progression s’ajoute au salaire de base et peut représenter plusieurs centaines d’euros mensuels après une longue carrière.
En exercice libéral, l’expérience se traduit par une meilleure organisation du temps, une patientèle fidélisée et une optimisation des tournées. Une infirmière libérale expérimentée peut augmenter son chiffre d’affaires de 30 % à 50 % par rapport à ses premières années d’installation, tout en réduisant son temps de travail grâce à une efficacité accrue.
Quelles différences de salaire selon la région ou le mode d’exercice ?
Les écarts géographiques de rémunération peuvent atteindre 15 % entre régions. En Île-de-France, une infirmière hospitalière bénéficie d’une indemnité de résidence de 3 % de son traitement indiciaire brut dans certaines zones. Cette majoration vise à compenser le coût de la vie plus élevé dans la capitale et sa périphérie.
Les zones classées en tension de recrutement voient apparaître des primes d’attractivité pouvant représenter 100 € à 300 € net supplémentaires par mois. Ces dispositifs ciblent particulièrement les hôpitaux de l’Est et du Centre de la France où le recrutement d’infirmières diplômées d’État s’avère difficile. Certains établissements proposent également des aides au logement ou à la mobilité pour attirer des professionnels.
En libéral, les revenus varient fortement selon la densité de population et l’offre de soins existante. Dans les zones rurales sous-dotées, une infirmière libérale peut générer un chiffre d’affaires de 7 000 € à 9 000 € mensuel grâce à une forte demande. En revanche, en zone urbaine saturée, la concurrence limite parfois le chiffre d’affaires à 4 000 € à 6 000 € mensuel.
Les facteurs géographiques influençant la rémunération :
- L’indemnité de résidence de 0 % à 3 % du traitement indiciaire selon la zone géographique
- Les primes d’attractivité de 100 € à 300 € net dans les zones tendues
- Les aides au logement proposées par certains établissements (300 € à 500 € mensuel)
- La densité de patients en libéral impactant le chiffre d’affaires de 30 % à 40 %
- Le coût des locaux professionnels variant de 400 € en zone rurale à 1 200 € en centre-ville
Le mode d’exercice influence directement le niveau de revenus et la stabilité financière. Le secteur public garantit une progression salariale prévisible et une sécurité de l’emploi maximale. Le secteur privé offre parfois des rémunérations supérieures en début de carrière, mais avec une stabilité moindre liée aux contraintes économiques des établissements. L’exercice libéral présente le potentiel de revenus le plus élevé, mais comporte des risques financiers et une charge administrative importante.
Les départements d’outre-mer (DOM) proposent une indemnité de sujétion géographique qui peut augmenter la rémunération de 40 % à 53 % selon le territoire. Cette majoration substantielle compense l’éloignement et les contraintes spécifiques de ces régions. Un infirmier en Guyane ou à Mayotte peut ainsi percevoir un traitement indiciaire brut majoré atteignant 4 500 € à 5 000 € mensuel.
Quel est le salaire net réel d’une infirmière chaque mois ?
La fiche de paie d’une infirmière hospitalière affiche un écart d’environ 18 % à 22 % entre le brut et le net, selon les cotisations applicables. Sur un salaire brut de 2 550 €, le net avant impôt s’élève à environ 2 100 €. Cette différence s’explique par les cotisations sociales (sécurité sociale, retraite de base et complémentaire, chômage, CSG et CRDS).
En pratique, une infirmière en soins généraux avec 10 ans d’ancienneté perçoit un salaire de base net d’environ 2 100 €, auquel s’ajoutent 183 € de prime Ségur. Si elle travaille un dimanche par mois et effectue 4 gardes de nuit, elle perçoit environ 48 € d’IFTD et 80 € à 120 € d’IHTN supplémentaires. Son salaire net total approche donc 2 410 € à 2 450 € mensuel.
Exemple de fiche de paie détaillée d’une IDE à 10 ans d’ancienneté :
- Traitement indiciaire brut : 2 550 € (échelon 6, grade 1)
- Cotisations sociales déduites : -510 € environ (20 %)
- Salaire de base net : 2 040 €
- Prime Ségur : +183 € net
- IFTD (1 dimanche) : +38 € net
- IHTN (4 gardes) : +100 € net
- Salaire net total perçu : 2 361 €
Les indemnités de nuit, week-end et jours fériés varient considérablement d’un mois à l’autre selon le planning. Une infirmière en service de réanimation ou d’urgences peut percevoir 300 € à 500 € d’indemnités supplémentaires certains mois, portant son net total à 2 700 € voire plus. À l’inverse, un mois sans garde ni dimanche travaillé se limite au salaire de base plus la prime Ségur.
Dans le secteur privé, le salaire net représente environ 78 % du brut, avec des cotisations légèrement différentes. Sur un brut de 2 400 €, le net atteint environ 1 870 €. Les primes de nuit et week-end s’ajoutent selon les mêmes principes, avec des taux de majoration définis par la convention collective.
En libéral, le revenu net s’obtient après déduction de l’ensemble des charges professionnelles et sociales. Sur un chiffre d’affaires de 6 500 €, les cotisations sociales représentent environ 2 900 € (45 %), les frais professionnels 800 € à 1 200 €, laissant un revenu net disponible de 2 400 € à 2 800 €. Ce montant varie fortement selon l’organisation et les choix de gestion de l’infirmière libérale.
Quelle évolution de carrière pour améliorer sa rémunération ?
Plusieurs voies d’évolution permettent d’augmenter significativement la rémunération d’une infirmière. La formation en pratique avancée (IPA) représente un investissement de 2 ans pour accéder à des responsabilités élargies et une rémunération de 3 000 € à 4 000 € net mensuel. Cette formation niveau master ouvre également des perspectives en recherche ou en enseignement.
Le passage cadre de santé s’obtient après 4 ans d’exercice et une formation de 10 mois à l’Institut de formation des cadres de santé (IFCS). Un cadre débutant perçoit environ 3 000 € net, montant qui évolue jusqu’à 4 500 € net en fin de carrière. Les fonctions de cadre supérieur de santé ou de directeur des soins offrent des rémunérations encore supérieures, pouvant atteindre 5 000 € à 6 000 € net mensuel.
Les spécialisations techniques (IADE, IBODE) nécessitent 18 mois à 2 ans de formation mais garantissent une revalorisation immédiate de 500 € à 800 € net par mois. Ces diplômes donnent accès à des postes techniques recherchés dans les blocs opératoires et les services d’anesthésie, avec une forte demande sur le marché de l’emploi.
Les formations pour augmenter sa rémunération :
- IPA (2 ans) : passage de 2 400 € à 3 500 € net mensuel (+1 100 € en moyenne)
- Cadre de santé (10 mois) : passage de 2 500 € à 3 200 € net (+700 € dès la prise de fonction)
- IADE (2 ans) : passage de 2 400 € à 3 200 € net (+800 € en moyenne)
- IBODE (18 mois) : passage de 2 300 € à 2 900 € net (+600 € en moyenne)
- Puéricultrice (1 an) : passage de 2 200 € à 2 600 € net (+400 € en moyenne)
L’exercice mixte combinant salariat et vacation libérale se développe. Une infirmière peut exercer à 80 % à l’hôpital et compléter ses revenus par des vacations libérales le week-end ou en soirée. Cette organisation permet d’augmenter ses revenus de 400 € à 800 € net mensuel tout en conservant la sécurité du salariat.
La mobilité géographique vers les DOM ou vers des établissements offrant des primes d’attractivité constitue une autre option. Un départ en Guyane ou à Mayotte peut augmenter la rémunération de 40 % à 50 % grâce aux indemnités spécifiques. Certains hôpitaux métropolitains en tension proposent des packages incluant aide au logement, prime d’installation et revalorisation salariale.
L’enseignement en institut de formation en soins infirmiers (IFSI) offre une alternative avec des rémunérations alignées sur les grilles de cadres de santé. Les formateurs en IFSI perçoivent entre 2 800 € et 4 000 € net mensuel selon leur grade et leur ancienneté, avec des conditions de travail différentes du milieu hospitalier.
Questions fréquentes
Une infirmière débutante gagne-t-elle plus dans le privé ou le public ?
En début de carrière, le salaire brut d’une infirmière dans la fonction publique hospitalière s’élève à 2 100 € (environ 1 750 € net), tandis que dans le privé il oscille entre 1 800 € et 2 000 € net. Le public offre donc généralement une rémunération légèrement supérieure dès le premier échelon, avec l’ajout de la prime Ségur de 183 € net. Toutefois, certaines cliniques privées proposent des packages plus attractifs incluant primes d’intéressement et avantages sociaux qui peuvent compenser cet écart initial.
Les primes représentent-elles une part importante du salaire ?
Les primes et indemnités constituent effectivement une part significative de la rémunération réelle. La prime Ségur seule ajoute 183 € net mensuel. Les indemnités de nuit, week-end et jours fériés peuvent représenter 300 € à 500 € supplémentaires selon le planning. Au total, ces compléments augmentent le salaire net de 20 % à 30 % par rapport au traitement indiciaire de base. Une infirmière percevant 2 100 € de salaire de base peut ainsi atteindre 2 400 € à 2 700 € net mensuel avec l’ensemble des primes.
Combien gagne réellement une infirmière libérale après charges ?
Le chiffre d’affaires mensuel moyen d’une infirmière libérale se situe entre 5 000 € et 8 000 €. Après déduction des cotisations sociales (45 % du chiffre d’affaires), des frais professionnels (loyer, véhicule, matériel, assurances) représentant 800 € à 1 500 € mensuels, le revenu net disponible oscille entre 2 500 € et 4 000 €. Une infirmière bien installée avec une patientèle dense peut atteindre 3 500 € à 4 000 € net, tandis qu’en début d’activité le revenu se limite souvent à 2 500 € à 3 000 € net.
La spécialisation garantit-elle une meilleure rémunération ?
Les spécialisations offrent systématiquement une revalorisation salariale immédiate et durable. Une IADE perçoit 2 800 € à 4 500 € net mensuel contre 2 100 € à 2 800 € pour une infirmière en soins généraux. L’écart représente donc 700 € à 1 700 € net supplémentaires par mois. Cette différence se maintient tout au long de la carrière grâce aux grilles indiciaires spécifiques. L’investissement en formation (18 mois à 2 ans) se rentabilise en 2 à 3 ans au regard de l’augmentation de rémunération obtenue.
Pour mieux comprendre les écarts de revenus selon la localisation, cette étude sur les départements où les salaires dépassent 2 700 € mensuels offre un éclairage intéressant.











