loader image
1 novembre 2021

Au travail, doit-on toujours montrer ses émotions ?

Les émotions sont des phénomènes naturels et elles font partie de nous. Il est donc compliqué d’en faire abstraction et de les dissimuler sur notre lieu de travail. Alors que pour certains, il est plutôt aisé d’exprimer sa joie et sa bonne humeur, peut-on faire part à nos collègues ou a notre manager de nos sentiments de colère, de tristesse, ou de peur ? Il y a-t-il des émotions à dissimuler ?

montrer ses émotions au travail

Pourquoi a-t-on l’habitude de cacher nos émotions ?

Exprimer ses émotions n’est pas naturel pour la plupart d’entre nous. Tout au long de notre vie, nous sommes souvent contraints par notre éducation ou notre culture à cacher les émotions que nous ressentons. « Sois forte », « ne pleure pas », « ne te met pas en colère », sont des mots que nous pouvons entendre lorsque nous sommes enfants et qui, à l’âge adulte, nous empêchent d’être nous-même, par peur d’être jugé, par orgueil, ou par crainte du conflit.

Dans la vie personnelle et professionnelle, accumuler des émotions n’est pas à terme une solution. Une frustration peut naître et l’accumulation fera ressortir une fatigue émotionnelle. Garder ses émotions pour soi peut également entraîner des troubles psychosomatiques tels que des maux de tête, des maux de ventre, voire même un état dépressif allant jusqu’au burn-out.

Pourquoi devrions-nous davantage montrer nos émotions au travail ? 

Une émotion n’est en soi, ni positive, ni négative. En effet, c’est plutôt l’interprétation que nous lui donnons qui la rend positive ou négative.
En exprimant ses émotions, nous permettons par exemple à nos collègues ou à notre hiérarchie de comprendre un peu mieux ce qui nous passe par l’esprit, ce qui nous anime, et cela peut aussi justifier certains choix professionnels.

En laissant exprimer ce que nous ressentons et en acceptant nos émotions dans un cadre pro, nous pouvons même améliorer nos performances, gérer un conflit plus sereinement ou encore atteindre nos objectifs plus facilement et avec moins de stress.
Enfin, d’un point de vue social, nous facilitions les relations et nous créons des liens plus sincères et basés sur la confiance avec nos collègues.

« L’émotion est une certaine façon d’appréhender le monde »
J.P Sartre 1938

Les entreprises encouragent de plus en plus l’expression des émotions

Selon le métier que nous exerçons, l’expression ou non des émotions peut être vu comme un manque de professionnalisme. Que penser d’un professionnel de santé sans aucune empathie ou, au contraire avec trop d’empathie, ou d’un commercial manquant d’avenant ?
On remarque que les jeunes entreprises et la « culture start-up » encouragent et permettent de plus en plus à leurs équipes d’exprimer leurs émotions, et la « culture émotionnelle » s’installent au sein des entreprises. La culture émotionnelle désigne les règles qui régissent les relations et les émotions entre les collaborateurs d’une même entreprise.

Le management émotionnel est également une nouvelle forme de management de plus en plus reconnue au sein des équipes : il repose notamment sur l’écoute et l’empathie que les managers peuvent avoir vis-à-vis de leurs collaborateurs.
Nous voyons que les entreprises replacent l’humain au cœur de leurs stratégies, afin de créer du mouvement et une certaine dynamique. L’émotion, comme on peut le voir directement via l’étymologie du mot (« motion » signifie « mouvement. ») permet cela. En créant du mouvement dans l’humain, elle va, de ce fait, pouvoir en créer au sein des entreprises.

Comment développer son intelligence émotionnelle ? 

L’intelligence émotionnelle, terme apparu dans les années 1980 par deux chercheurs américains, Peter Salovey et John Mayer, et qui désigne la capacité à écouter ses émotions et celles des autres, est une faculté de plus en plus recherchée au sein des entreprises. Elle est au cœur des « soft skills » à succès qu’un bon manager doit avoir.
Daniel Goleman, psychologue américain qui démocratisa cette notion par la suite, dira même qu’une personne possédant une intelligence émotionnelle élevée sera plus performante au travail qu’une personne avec un QI élevé.

Pour apprendre à travailler soi-même son intelligence émotionnelle et ainsi à mieux communiquer avec votre entourage et notamment vos collègues, voici quelques conseils applicables dans la vie de tous les jours :

Vivez pleinement vos émotions et ne refrénez pas ce que vous ressentez.
Renseigner vous sur les différents types d’émotions, pour pouvoir les reconnaître, les nommer, et les comprendre. Ainsi, vous pourrez vous demander qu’est ce qui a fait qu’à un moment précis, vous avez ressenti cela, et apprendre de ce fait, à les gérer.
La pratique de l’écoute active est également un bon exercice notamment pour développer l’empathie et la compréhension d’autrui. Lors d’une conversation, apprenez à regarder votre interlocuteur droit dans les yeux, n’interrompez pas sa parole et ne vous laissez pas distraire. Encouragez-le à poursuivre la discussion en lui posant des questions pertinentes, et utilisez votre langage non-verbal pour communiquer avec lui.

Les émotions font partie intégrante de nous et de notre identité, il serait donc contre-productif de les dissimuler en entreprise. L’organisation du travail porte de plus en plus d’intérêt aux techniques managériales basées sur la compréhension des émotions, telles que l’intelligence émotionnelle ou l’intelligence sociale.

Héléna Belaïd

Co-fondatrice de Cuidam

Vous avez aimé cet article ? Partagez le !

Lisez également

nos derniers articles !

Pin It on Pinterest