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Que nous apprend le Baromètre Entreprendre 2025 sur l’entrepreneuriat en France ?

baromètre entreprendre mise en avant
Table des matières

L’entrepreneuriat français traverse une période charnière. Entre aspirations grandissantes à l’autonomie, mutations sociétales profondes et transformation des modèles économiques, les baromètres entrepreneuriaux 2025 révèlent des dynamiques contrastées mais riches d’enseignements. Près de 30 % des Français envisagent désormais de créer ou reprendre une entreprise, tandis que de nouveaux profils d’entrepreneurs émergent et redéfinissent les codes de la création d’activité.

Ces baromètres constituent des outils précieux pour comprendre les évolutions du paysage entrepreneurial :

  • Pour les porteurs de projet : ils identifient les secteurs porteurs, les freins à anticiper et les motivations partagées par leurs pairs
  • Pour les accompagnateurs : ils orientent les dispositifs de soutien vers les besoins réels des créateurs
  • Pour les décideurs publics : ils éclairent les politiques territoriales d’accompagnement et d’innovation
  • Pour les entrepreneurs établis : ils détectent les tendances émergentes et les attentes des nouvelles générations

Cet article propose une lecture croisée des principaux baromètres entrepreneuriaux 2025, analyse les profils qui façonnent l’écosystème et décrypte les enjeux stratégiques pour l’avenir de la création d’entreprise en France.

Quel est le niveau d’intention entrepreneuriale des Français en 2025 ?

Rebond des intentions entrepreneuriales en 2025

L’année 2025 marque un tournant dans la perception de l’entrepreneuriat en France. L’indice se stabilise à 350 points, loin du pic de 432 atteint en 2017, mais révélateur d’une aspiration durable qui résiste aux turbulences économiques. Entre 27 et 30 % des Français déclarent envisager la création ou la reprise d’une entreprise, soit environ 14 à 15 millions de personnes potentiellement concernées.

entrepreneuse en conference

La notion de chaîne entrepreneuriale élargit le périmètre au-delà des seuls créateurs effectifs. En 2025, 32 % des Français participent à cette chaîne qui englobe les intentionnistes, les porteurs de projet, les dirigeants en activité et les anciens entrepreneurs. Cette implication massive favorise la circulation des savoirs et la normalisation de la démarche entrepreneuriale.

L’entrepreneur bénéficie aujourd’hui d’une image positive auprès de 9 Français sur 10. Un quart des Français considèrent la création d’entreprise comme un choix de carrière idéal. Cette valorisation collective facilite le passage à l’acte et réduit la stigmatisation liée à l’échec entrepreneurial.

Intentions entrepreneuriales : les chiffres clés 2025

30%
des Français envisagent de créer ou reprendre une entreprise
32%
participent à la chaîne entrepreneuriale (intentionnistes, porteurs de projet, dirigeants)
350
points pour l’indice “Envie d’entreprendre” (stabilisation après les crises)
90%
des Français ont une image positive de l’entrepreneur

Les jeunes représentent une force entrepreneuriale particulièrement dynamique en France, comme en témoigne l’essor du jeune entrepreneuriat qui redéfinit les codes traditionnels de la création d’entreprise et apporte un souffle d’innovation dans le paysage économique français.

Quels sont les nouveaux profils d’entrepreneurs qui émergent ?

L’entrepreneuriat français se diversifie à grande vitesse. Cinq profils types se distinguent particulièrement :

Le slasheur conserve son emploi salarié tout en développant progressivement son projet. Cette stratégie de double activité réduit le risque financier et autorise une approche plus sereine.

Le reconverti quitte une carrière établie pour créer son entreprise, généralement dans un secteur aligné avec ses valeurs. Il apporte maturité professionnelle, réseau constitué et compétences opérationnelles précieuses.

Le jeune créateur de la génération Z privilégie l’épanouissement personnel et l’utilité sociale. Il structure des projets légers, digitalisés et flexibles, avec une aisance naturelle dans les outils numériques.

Le serial entrepreneur enchaîne les créations d’entreprises (14 % des créateurs). Il capitalise sur ses expériences antérieures et dynamise l’écosystème par son expertise partagée.

L’entrepreneur à impact recherche des solutions aux enjeux sociaux ou environnementaux, privilégiant le sens et l’utilité avant le profit.

Face aux défis identifiés par les entrepreneurs, l’accompagnement et la formation restent des leviers déterminants : des acteurs comme LiveMentor ont d’ailleurs accompagné plus de 30 000 projets entrepreneuriaux en 10 ans, avec un taux de pérennité des entreprises créées significativement supérieur à la moyenne nationale.

Quelles sont les spécificités et les enjeux de l’entrepreneuriat féminin ?

Les femmes représentent entre 28 et 40 % des créateurs selon les baromètres. Cette progression constante depuis 2018 reste insuffisante. Elles se distinguent par une forte orientation vers l’économie sociale et solidaire : 41 % mènent des actions écoresponsables contre 33 % des hommes.

Les freins persistent : 53 % des femmes entrepreneures citent les difficultés d’accès au financement contre 45 % des hommes. Les stéréotypes de genre et le manque de modèles féminins dans certains secteurs freinent les vocations.

Des dispositifs ciblés émergent pour soutenir l’entrepreneuriat féminin. Le programme Activ’Créa compte 55 % de participantes femmes. L’initiative Quartiers 2030 accompagne 60 % d’entreprises portées par des femmes.

Pourquoi les jeunes s’imposent-ils comme un moteur de la création d’entreprise ?

Les moins de 30 ans constituent le fer de lance de la dynamique entrepreneuriale française, portant une vision renouvelée de l’entreprise centrée sur le sens, l’autonomie et l’impact positif..

Les jeunes, locomotives de l’entrepreneuriat français

60% des moins de 30 ans sont concernés par l’intention ou le passage à l’acte entrepreneurial

Leurs attentes spécifiques

Épanouissement personnel

La quête de sens prime sur l’accumulation de richesse

Liberté et flexibilité

Refus des modèles hiérarchiques rigides

Utilité sociale

Volonté de laisser une empreinte positive

Résilience

Construction de modèles capables de traverser les crises

Facteurs clés de réussite

📚
Formation

Aux fondamentaux de gestion

🤝
Mentorat

Avec entrepreneurs expérimentés

🌐
Réseau

Pour compenser le manque de contacts

Tendance marquante

Le nombre de créations d’entreprises par des jeunes a doublé entre 2009 et 2020, mouvement qui s’accélère encore en 2025.

Quelles sont les principales motivations qui poussent à entreprendre aujourd’hui ?

Les motivations entrepreneuriales évoluent profondément. L’indépendance reste le moteur principal : 72 % des aspirants entrepreneurs citent l’autonomie comme motivation première. La quête de sens arrive en tête pour 65 % des porteurs de projet, devant la recherche de profit (36 % seulement).

47 % citent explicitement l’impact positif sur la société comme motivation. 58 % des créateurs identifient une opportunité de marché liée aux transitions numérique et écologique. Cette évolution marque une rupture générationnelle et annonce un entrepreneuriat plus responsable.

Quels obstacles freinent encore la création ou la reprise d’entreprise ?

Un chiffre révélateur : 62 % des personnes effrayées par l’administration n’ont jamais consulté d’aides ou de ressources d’accompagnement.

Obstacle Taux de citation Profils les plus touchés
Insécurité financière / manque de financement 68% Femmes (53%), jeunes sans apport
Complexité administrative 54% Tous profils (62% n’ont jamais consulté d’aide)
Manque de compétences en gestion 47% Jeunes créateurs, reconvertis
Peur de l’échec 43% Profils issus de milieux non entrepreneuriaux
Absence de réseau professionnel 38% Jeunes, reconvertis, habitants zones rurales

Ces obstacles se révèlent souvent surestimés mais exercent un effet dissuasif réel.

Quels sont les secteurs d’activité les plus porteurs pour les créateurs en 2025 ?

Les créateurs orientent leurs projets vers des secteurs en forte mutation. Les services numériques et technologies émergentes (intelligence artificielle, plateformes collaboratives, e-commerce, SaaS) attirent massivement, particulièrement les jeunes. Ces secteurs offrent des barrières à l’entrée relativement faibles et des possibilités de croissance rapide.

L’économie verte explose : énergies renouvelables, mobilité alternative, agriculture régénérative, alimentation responsable, économie circulaire. Ces projets répondent à une demande sociétale massive et bénéficient d’un soutien public croissant.

Les services à la personne (santé mentale, accompagnement personnalisé, développement personnel, coaching) séduisent les entrepreneurs en quête de sens et d’utilité directe.

L’innovation touche également les modèles d’organisation : coopératives entrepreneuriales, plateformes mutualisées, collectifs de freelances, entreprises à gouvernance partagée réinventent la création de valeur.

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Comment l’accompagnement entrepreneurial peut-il être renforcé et mieux ciblé ?

Les Chambres de Commerce et d’Industrie, les réseaux comme Réseau Entreprendre ou Initiative France, les incubateurs et pépinières territoriales forment l’ossature de l’accompagnement. Ils apportent formation, conseil, mise en réseau et parfois financement via les prêts d’honneur.

L’accompagnement standardisé montre ses limites face à la diversité des profils émergents. Le slasheur nécessite un soutien sur la gestion du double emploi. Le reconverti a besoin d’aide pour valoriser ses compétences transférables. Cette personnalisation exige une montée en compétences des accompagnateurs.

commerçant au travail

Le paradoxe français : une multitude d’aides méconnues. Les collectivités doivent créer des guichets uniques, cartographier clairement les aides accessibles et aller chercher les porteurs de projet là où ils se trouvent : réseaux sociaux, événements de quartier, lieux de coworking.

Quelles différences et convergences observe-t-on entre les trois baromètres analysés ?

Les trois baromètres étudiés proposent des approches complémentaires. Investies livre une vision quantitative large avec des données macro sur les intentions entrepreneuriales. ID Territoriale adopte une approche qualitative, attentive aux spécificités régionales et aux signaux faibles. Oniros Conseils se distingue par son attention portée aux publics sous-représentés : femmes, jeunes, habitants des quartiers prioritaires.

Les trois convergent sur plusieurs constats : la quête de sens domine les motivations, l’insécurité financière et la complexité administrative constituent les deux freins principaux, la surreprésentation des jeunes apparaît comme une tendance lourde. Les divergences tiennent aux choix méthodologiques, expliquant des écarts chiffrés sur certains indicateurs.

Quelles perspectives stratégiques se dessinent pour l’avenir de l’entrepreneuriat en France ?

Quatre chantiers structurants conditionnent l’avenir entrepreneurial français. Structurer les parcours d’accompagnement du stade de l’intention à celui de la consolidation faciliterait le cheminement des porteurs de projet. Favoriser la montée en compétences ciblée via des modules courts, pratiques et accessibles comblerait le déficit en gestion.

artisan en chantier

Lutter contre les inégalités d’accès nécessite des politiques volontaristes : discrimination positive dans l’accès au financement, accompagnements dédiés, visibilité de modèles inspirants issus des populations sous-représentées.

Miser sur l’entrepreneuriat à impact répond aux aspirations des jeunes générations et anticipe les attentes sociétales futures. Soutenir massivement les projets à impact positif, valoriser les modèles économiques sobres, encourager les coopératives alignera dynamique entrepreneuriale et urgences planétaires.

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