Ces formules de politesse rendent vos mails inefficaces : arrêtez tout de suite
- Guillaume Pinson
- 9 novembre 2025
- QUOTIDIEN
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Ah, ce fameux « envoyer » qui déclenche le frisson froid dans le dos… Trop tard, le mail est parti, avec dans ses bagages cette tournure polie, mais, avouons-le, un brin tarabiscotée, qui pourrait bien plomber votre crédibilité aux yeux du destinataire. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul dans ce club : qui n’a jamais rêvé de rappeler un mail rien que pour réécrire une formule maladroite, voire carrément alambiquée ? Aujourd’hui, ensemble, décortiquons ces expressions à bannir pour que vos prochains envois ne sombrent pas dans l’enfer (épistolaire, au moins) de l’inefficacité !
Quand la politesse devient le piège du mail : attention à la cerise de trop
Si vous pensiez que clore une lettre de motivation ou adresser un mail à votre supérieur se résume à choisir la formule de politesse la plus clinquante, détrompez-vous : la formule de politesse, c’est la cerise sur le gâteau… Mais il existe des cerises aigres à éviter !
Depuis quelque temps, fleurissent dans nos boîtes aux lettres électroniques un florilège de formulations sucrées-salées :
- « Belle journée ! »
- « Belle journée à vous ! »
- « Douce journée »
- « Merveilleuse journée »
Aucune de ces expressions ne manque d’enthousiasme, quitte à remiser le traditionnel « bonne journée » au grenier des mots démodés. Ici, l’intention respire l’optimisme, façon message Instagram rehaussé de cœurs et de confettis virtuels. Mais la sincérité de cette avalanche de bonnes intentions, qui y croit encore ?
Comme l’a justement relevé Linda Giguère, il y a là une vraie emphase, une exagération linguistique qui laisse présumer que chaque mot a été soigneusement sélectionné pour l’autre… Or, face à la déferlante de « belle journée » qui s’abat en rafale dans une seule heure, l’illusion d’un altruisme sur-mesure ne résiste pas ! On parfume d’optimisme, mais parfois avec insistance.
Des formules qui font lever les sourcils… plus qu’elles n’adoucissent les relations
La politesse, sur le papier, c’est tout un art. Mais à trop vouloir bien faire, on s’expose à de petites maladresses qui piquent les yeux des puristes. Prenez « je m’excuse » : l’intention se veut irréprochable, la grammaire solide… Pourtant, le débat fait rage dans les hautes sphères de la langue française. L’Académie française dégaine sans ménagement : lorsqu’on a commis une faute, on doit demander pardon à l’autre, pas à soi-même ! « On ne s’excuse pas plus qu’on ne se pardonne », concluent-ils.
Petite nuance, toutefois : Claude Duneton et d’autres linguistes tempèrent – à l’oral, dans l’envolée informelle d’une conversation, le fameux « je m’excuse » passe encore. À l’écrit, surtout dans un cadre pro, on s’en tiendra à une formule plus soutenue : prudence donc, sur la touche « envoyer » !
L’autre travers classique ? L’appel au participe présent mal placé. Exemple : « vous souhaitant une bonne continuation ». S’il n’est pas adossé à une autre proposition (« En comprenant cela… »), il laisse le lecteur sur sa faim, avec un goût d’inachevé. La solution : opter pour la simplicité, avec la forme directe « je vous souhaite une bonne journée ».
Les pièges où même les pros tombent (et ce n’est pas grave !)
N’allez pas croire que seuls les néophytes trébuchent : même les linguistes en font parfois les frais, comme le montre un mea culpa éditorial cité en exemple. Une coquille, ça arrive à tout le monde – profitez-en pour rappeler, dans vos mails, votre humanité (la vraie, pas celle des paillettes numériques).
- Evitez les envois automatiques de « belle journée » à tour de bras
- Bannissez les remerciements qui tombent avant d’avoir reçu une vraie réponse
- Laissez de côté les excuses automatiques qui ressemblent à de la politesse à la chaîne
La simplicité : votre meilleur allié pour une politesse efficace
Le verdict ? À l’heure du mail express, un peu d’attention et quelques ajustements stylistiques suffisent pour éviter la casse. Oubliez les enjolivures en série : simplicité et authenticité font mieux que mille excès. À la prochaine rédaction, prenez le temps de relire : parfois, la formule la plus polie, c’est celle qui va droit au but.
Un conseil à graver près du bureau : « La simplicité bien dosée est la meilleure des politesses ». Et, n’oubliez pas, une coquille, ça arrive même aux meilleurs !
Signé : Matteo Calteau, plume chevronnée d’alloemploi.fr, passionné par la réussite professionnelle et l’art de mieux écrire… même quand le stress du « envoyer » guette !





