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11 avril 2022

L’année de césure : to do or not to do ? 1/4

L’année de césure, une année où on ne fait rien.

Vraiment ?

En-tout-cas, c’est l’idée qu’en ont beaucoup de personnes, notamment nos parents … Et pourtant, l’année de césure (ou “gap year” en anglais), peut être un tremplin personnel et professionnel !

Dans cette série de #Portraits d’Etudiants, retrouvez les témoignages de 4 anciens étudiants qui ont fait une année de césure ! 

Aujourd’hui, c’est Marie, 25 ans, qui va nous raconter son expérience.

Bonjour Marie, peux-tu te présenter ? 

Bonjour ! Je vis actuellement à Annecy et je suis développeuse de communauté chez Ecov, une solution de covoiturage. J’ai terminé mes études en octobre 2021 après mon master 2 en Communication responsable, RSE et développement durable à Sup de Pub Paris.

Prendre une année de césure

Quand as-tu pris une année de césure ?

Alors pour ma part, j’ai fait deux années de césure.

J’ai fait une première année de césure entre mon BTS et ma première année de licence bachelor. Celle-ci, je l’ai faite car je préférais faire une pause dans mes études pour vraiment savoir ce que je voulais faire.

La deuxième année de césure, je l’ai prise entre mon master 1 et mon master 2. Et là, c’était parce que je savais ce que je voulais faire et que je voulais profiter du fait d’être encore dans le statut étudiant pour partir avant de rentrer vraiment dans la vie active.

C’était quoi ton projet pour ta première année de césure ?

Alors, ma première année de césure, elle est arrivée à un moment personnel, où j’avais besoin de prendre du temps pour moi. J’en ai également profité pour aller voir des conseillers d’orientation pour savoir ce que je voulais faire.

Que retiens-tu de cette année de césure ?

Grâce à cette année, j’ai pu trouver ma voie en communication alors que je sortais d’un BTS NRC (négociation relation client – ancien NDRC) pour être commerciale. J’ai également pu passer mon permis et avoir une vraie expérience professionnelle. J’étais téléconseillère en assurances, donc ce n’était pas le meilleur métier de ma vie, mais c’était très formateur et j’ai pu commencer à mettre de l’argent de côté.

Avec le recul, je pense que j’ai pas mal grandi grâce à cette transition.

Le seul point où j’ai vraiment eu du mal, c’était la solitude. Je me suis coupée de la vie étudiante après deux années positives en BTS. J’étais vraiment focus sur le travail et le permis donc humainement ce n’était pas très riche pour moi.

Ça a été compliqué de reprendre tes études après ta première année de césure ?

Ça n’a pas été forcément compliqué, parce que j’ai directement pris l’option de l’alternance, comme j’avais déjà commencé à gagner ma vie, c’était impossible pour moi de ne pas continuer dans ce sens là.
Le fait de changer de voie était un challenge pour moi, j’étais tellement contente de faire ça, et d’apprendre dans ce domaine-là, que ça n’a pas été difficile de reprendre.

En revanche, quand j’ai repris mes études en licence, c’était la première fois que j’étais avec des gens plus jeunes. Au début, c’est quelque chose qui me faisait un peu peur. Mais finalement, ce n’était pas vraiment un point négatif, parce qu’il y a plein de gens qui se réorientent ou qui reprennent leurs études.

Pourquoi as-tu fait une seconde année de césure ?

J’ai fait une deuxième année de césure parce que j’avais vraiment envie de voyager. J’avais déjà raté une opportunité lors de mon BTS, mon dossier n’avait pas été pris pour Erasmus, donc il fallait que je parte à un moment ou à un autre.

Même si c’était une envie depuis quelques années, j’ai vu comme une évidence mon départ seulement à la fin de mon premier master. Donc, pour le coup, je n’avais rien prévu, ni Visa, ni PVT (permis de voyage travail).
Alors, je suis partie en voyage classique, pendant deux mois et demi au Canada. Mon seul objectif était de voyager en road trip jusqu’à ce que mon budget me dise de rentrer.
Le temps que j’ai passé là-bas était suffisant pour la soif de voyage que j’avais à ce moment-là.
Et puis c’était bien différent de ma première année de césure, pour le coup je savais exactement ce que je voulais faire, quel master, dans quelle ville. Je me sentais vraiment libre de partir et de faire ce que je voulais.

En rentrant de mon voyage, j’ai travaillé en Normandie dans une boutique jusqu’au confinement. Je suis rentrée me confiner à Bordeaux chez mes parents, et j’ai commencé à créer mes illustrations, puis à les vendre. Mes créations ont bien pris, donc je me suis créé un statut d’auto-entrepreneur. Pour le coup, je n’avais pas du tout prévu ça ! Je n’en vis pas aujourd’hui, parce que ce n’est pas ce que je souhaite. Je préfère, pour le moment, rester focus sur mon emploi actuel.

J’ai profité également du confinement pour rechercher une alternance, ce qui m’a pris pas mal de temps. J’ai pu intégrer le service communication de Lapeyre, au siège en région parisienne à la rentrée.

Avec du recul, même s’il n’y avait pas eu le confinement, j’aurais quand même eu du temps pour me pencher vraiment sur ce que j’aime. Notamment les loisirs créatifs, qui m’ont amené à créer Les Toiles de Mer. Grâce à cette expérience, j’ai découvert une petite âme d’entrepreneure chez moi. Peut-être qu’un jour, je me lancerais !

Que retiens-tu de cette seconde année de césure ?

Cette année , c’était que du positif ! Je suis partie seule au Canada, j’ai rencontré mon copain là-bas, j’ai pu faire le confinement avec mes parents ce qui a été bénéfique. C’est vraiment l’année où je me suis trouvée et où j’ai appris à m’aimer.

Même si avec la Covid-19, je n’ai pas pu travailler pour repartir à l’étranger comme je le souhaitais, j’ai aimé toutes les choses imprévues.

Prendre une année de césure Canada

 Credit : Marie Lepelletier

Tu as trouvé ça compliqué de reprendre un master après ?

C’était moins compliqué pour moi de reprendre les études la seconde fois. J’avais trouvé mon alternance et mon master Communication responsable et RSE était en adéquation avec mes valeurs.

Ce qui était compliqué à gérer, c’était peut-être la distance à cause de la Covid-19, on ne pouvait pas faire les cours en présentiel. J’en ai quand même profité pour bouger à droite à gauche, aller chez mon copain dans le Sud ou chez mes parents. Et j’ai eu la chance de me faire quand même des amies dans ma classe en les contactant sur les réseaux. Et puis c’était ma dernière année de master, j’étais à Paris, tout était nouveau. Donc l’année est passée super vite. Même si le rythme d’alternance commençait à me peser …

Qu’est ce que t’a apporté cette deuxième expérience de césure ?

Ça m’a permis de m’émanciper de mes parents. Ils ne m’ont jamais bloqué, comme j’ai toujours cru très fort en ce que je voulais faire. Mais forcément, les parents ont un avis sur l’année de césure, ils ont peur que tu ne reprennes jamais tes études. Mais finalement, maintenant qu’ils m’ont vu gérer mes deux années de césure, ils me font pleinement confiance pour mes choix de vie. Donc oui, ça m’a vraiment permis de m’affirmer auprès d’eux.

D’un point de vue professionnel, c’est très apprécié d’avoir fait une année de césure. Lors de mes entretiens, ce qui a été retenu, c’était ça et mon auto-entreprise.

La première année de césure, c’était pour me trouver professionnellement et la seconde m’a aidé à me trouver moi.

Recommandes-tu l’année de césure ?

Si on me parle d’année césure, je le recommande vraiment, tant qu’on sent que c’est un besoin. J’avais personnellement tous les signaux au bon moment pour prendre ces années de césure.

La première année de césure, c’était pour me trouver professionnellement et la seconde m’a aidé à me trouver moi.

Lorsque je suis partie pour le Canada, c’était une période où j’avais beaucoup d’anxiété, car j’ai un trouble anxieux généralisé (TAG).
Partir seule comme je l’ai fait, ça m’a beaucoup aidé. J’ai fait le tri dans pas mal de choses, j’ai appris à écouter mon corps, et ça me permet aujourd’hui d’être moins anxieuse. Si j’en suis arrivée là aujourd’hui, c’est parce que j’ai eu le temps de mieux comprendre mon TAG, de l’observer, de l’analyser. Et ça n’aurait pas été le cas si j’avais fait un parcours classique, sans césure.

Quel mot caractérise le plus tes expériences ?

Je dirais Liberté ! Parce que tu t’émancipes, tu prends tes décisions sans prendre en compte l’avis des autres.

Marie Sallaberry

Co-fondatrice Cuidam

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