5 juillet 2021

Les symptômes d’une victime de harcèlement au travail

Une victime de harcèlement sur son lieu de travail développe des symptômes qui traduisent son mal-être. Ces états physiques et psychologiques sont des signes avant-coureurs d’un cas de harcèlement. Que vous soyez témoin ou victime de comportements non-éthiques, ces quelques conseils pourraient vous aider à déceler la souffrance d’un tiers ou à comprendre l’anormalité de ce que vous subissez.
Les symptômes d'une victime de harcèlement au travail

Des symptômes physiques ?

Lorsqu’une personne est victime de harcèlement, quel qu’il soit, des changements physiques peuvent apparaître, comme la fatigue. La fatigue est due à ce que l’individu vit au quotidien : des remarques, des méchancetés, des gestes déplacés, etc. Cet épuisement empêche la victime de harcèlement de se concentrer sur son travail, mais également d’être en forme dans sa vie personnelle.Cet épuisement peut également venir de troubles du sommeil, qui sont intimement liés au stress de venir en entreprise, et donc de croiser son harceleur.

Des troubles alimentaires peuvent également survenir chez la personne qui subit des agissements pervers. En effet, il peut arriver que l’on compense par la nourriture ou au contraire que l’on arrête de s’alimenter lorsque nous vivons des moments de grand stress. Ces comportements alimentaires peuvent donc amener à une perte ou une prise de poids rapide. On peut également voir apparaître chez certaines personnes des maladies de peau comme l’eczéma ou le psoriasis, ou encore un blanchiment radical de la région capillaire.

Bien entendu, les changements physiques varient selon les personnes, et il n’y a pas de symptômes types . Mais il peut être important de remarquer ces transformations, qu’elles soient liées au poids, à la fatigue, ou à des douleurs physiques soudaines, car elles peuvent tout simplement être l’expression corporelle d’un profond mal-être.

Des symptômes physiologiques

Les symptômes physiques cités plus haut entraînent ou sont entraînés par des troubles physiologiques. La physiologie est ce qui touche directement au fonctionnement d’un organisme humain, d’un système organique ou tissulaire, ou d’un organe.

Lorsque l’on est victime de harcèlement au travail, il peut y avoir des conséquences également sur notre état physiologique. On peut constater notamment des problèmes hormonaux, des tensions artérielles, des troubles digestifs.

On sait que nos organes internes sont souvent le reflet de notre santé psychologique, on peut le voir notamment avec des pratiques de médecines alternatives comme la kinésiologie qui utilise l’équilibre entre le corps et l’esprit.

Le harcèlement a un réel impact sur notre organisme interne. Il peut entrainer des problèmes psychologiques qui deviennent des problèmes physiques et internes. On peut également parler de somatisation (def processus inconscient visant à transférer, transformer des difficultés affectives en troubles somatiques fonctionnels).

Des symptômes psychologiques

Les symptômes psychologiques, psychiques sont souvent à l’origine des autres symptômes vus précédemment, parfois plus visibles.

Le harcèlement amène à des situations de stress intense voire à une forte anxiété qui empêche la victime de se concentrer, de se sentir elle-même, de souffler.
Il peut même arriver que la personne se fasse “placardiser”, qu’elle voit des modifications dans ses missions de travail alors qu’elle n’est pas formée pour ces tâches ou même qu’on ne lui donne plus rien à faire. Tout cela combiné pousse la victime dans ses retranchements, voire vers une dépression.

Ces états de détresse psychologique peuvent amener à des changements comportementaux notamment avec l’apparition de plusieurs accès de colère envers son entourage, de crises de larmes incontrôlables ou un renfermement sur soi-même.

Le fait de vivre une forme de harcèlement au quotidien sur son lieu de travail pousse à la perte de l’estime de soi, et pouvant donner l’impression que l’intégrité personnelle est ruinée. À cause de cela, on peut être amené à culpabiliser, à penser que le problème vient de soi et que l’on est tout simplement bon à rien. Ses acquis, sa confiance en soi, sont détruits par des comportements, des gestes, des violences et les mots d’autrui.

Détecter une personne victime de harcèlement

Il peut arriver que l’on soit témoin de changements drastiques de la part d’un collègue de travail. Comme nous les avons notifiées plus haut, ces transformations peuvent être de l’ordre physique, physiologique (ce qui peut être moins détectable dans certains cas) et psychologiques.
Dans ces cas, il peut être important de discuter avec la personne qui ne va pas bien. Elle n’est pas forcément victime de harcèlement, mais cela peut l’aider si vous arrivez à déceler d’où vient son mal-être.

Vous pouvez également remarquer un collaborateur qui s’isole. Cela n’est peut-être pas volontaire, mais bien à l’initiative du harceleur qui le met à l’écart. Notamment en le déplaçant de bureau, de missions, voire en le mutant dans un autre service. D’autres indicateurs peuvent montrer une personne qui est harcelée, comme la diminution de la satisfaction au travail de la victime, son désinvestissement professionnel, une dégradation des relations avec les collègues.
Le salarié commence alors à être moins productif, voire à commettre des erreurs, car sa concentration et sa motivation sont grandement impactées par l’anxiété qu’il ressent.

Ces changements-là sont significatifs, il suffit parfois de creuser un peu pour comprendre la réalité du problème.

Nous conseillons donc de parler directement à la supposée victime mais sans y aller frontalement. Par exemple, il peut être intéressant de parler du travail , de sujets professionnels afin de connaître la situation, et de comprendre ce qui l’amène à ressentir un mal-être. On se rend compte que discuter directement des changements physiques ou des problèmes personnels, peut bloquer la victime dans sa confidence.

Il est vrai que cela peut être compliqué de rentrer en contact avec un collègue qu’on voit en souffrance, mais il se peut que cela l’aide à aller mieux, à se confier, à prendre des mesures pour ne plus être victime de harcèlement de la part d’une personne de son entreprise.
Des situations aussi complexe que les harcèlements, peuvent entraîner la personne en mal-être jusqu’au suicide.

Avoir les clés pour déceler des symptômes d’une personne qui subit du harcèlement peut à terme sauver quelqu’un et l’aider dans ses démarches d’alerte et de guérison.

Voici un tableau récapitulatif des symptômes que l’on peut remarquer chez une victime de harcèlement. Ces exemples peuvent aider à déceler un problème pour mieux aider son collègue qui n’ose pas en parler, par honte ou par peur des représailles.

Dans un premier temps

À moyen terme

À long terme

Sentiment d’épuisement et de fatigue chronique. Baisse de l’estime de soi, sentiment de culpabilité et de honte pouvant évoluer vers une dépression.

Possible apparition d’une névrose traumatique : retour en boucle de scènes traumatisantes ou humiliantes, angoisse avec manifestations physiques, terreur à l’idée d’aller au travail, cauchemars, insomnie, troubles de la mémoire ou de l’attention, sentiment de culpabilité et de honte, position défensive de justification…

Éventuelles atteintes profondes de la personnalité : bouffées délirantes, dépression grave, paranoïa, désorganisation psychosomatique, conduites addictives, tendances suicidaires pouvant aller jusqu’au suicide.

Basé sur le suivi clinique de salariés ayant été exposé à des comportements hostiles au travail, Grenier-Pezé et Soula, 2002.

Marie Sallaberry

Co-fondatrice de Cuidam

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