Depuis le 1er janvier 2019, la désignation d’un référent harcèlement au CSE s’inscrit dans le cadre fixé par la loi du 5 septembre 2018. Le dispositif vise la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes au travail, avec des règles distinctes selon l’effectif de l’entreprise. Les articles L.2314-1, L.2315-32 et L.1153-5-1 du Code du travail structurent l’essentiel du régime applicable.
Les données disponibles montrent que le sujet dépasse le seul formalisme. Le ministère du Travail relaie un ordre de grandeur proche de 30 % des femmes actives déclarant avoir déjà été confrontées à une situation de harcèlement sexuel au travail. L’analyse ci-dessous s’appuie sur le Code du travail, les guides du ministère, les fiches de l’ANACT et des sources pratiques spécialisées pour détailler les obligations, la désignation, les moyens et les limites du rôle. Pour aller plus loin, le tableau ci-après offre une vue d’ensemble des principales situations.
| Situation | Référent concerné | Modalité de désignation | Base légale |
|---|---|---|---|
| Entreprise de moins de 11 salariés | Pas de référent CSE faute de CSE | Référent employeur possible à titre recommandé | Recommandations ANACT |
| Entreprise de 11 à 249 salariés | Référent CSE obligatoire | Résolution votée par le CSE parmi ses membres | Article L.2314-1 |
| Entreprise d’au moins 250 salariés | Référent CSE et référent employeur | Le CSE désigne l’un, l’employeur nomme l’autre | Articles L.2314-1 et L.1153-5-1 |
| Première réunion après élections | Référent CSE | Désignation à renouveler après chaque élection professionnelle | Pratique issue des sources spécialisées |
| Fin du mandat du CSE | Référent CSE | Le mandat prend fin avec celui des élus | Article L.2314-1 |
🔍 À RETENIR
✅ POINTS CLÉS DE LA DÉSIGNATION
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Seuil de 11 salariés : l’obligation du référent harcèlement au CSE existe dans les entreprises dotées d’un CSE, sur le fondement de l’article L.2314-1 -
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Choix du référent : le CSE désigne le référent parmi ses membres, titulaires ou suppléants selon la pratique admise par plusieurs sources spécialisées -
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Moment du vote : la désignation intervient en principe lors de la première réunion qui suit les élections professionnelles, puis après chaque nouveau scrutin général -
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Trace écrite : la résolution et l’identité du référent doivent apparaître dans le procès-verbal afin de sécuriser la preuve de la désignation
🌐 RESSOURCES UTILES
📘 GUIDE DU MINISTÈRE DU TRAVAIL
Le guide pratique et juridique sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes précise les définitions, les obligations de prévention et les réactions attendues en cas de signalement.
📄 KIT ANACT
Le kit des référentes et référents propose des fiches repères sur la désignation, les missions et les moyens à prévoir. Il aide à formaliser une lettre de mission cohérente.
🏥 ACTEURS EXTERNES
La médecine du travail, l’inspection du travail et le Défenseur des droits constituent des relais utiles pour orienter les victimes, les témoins et les élus confrontés à une situation complexe.
⚠️ POINT DE VIGILANCE JURIDIQUE
Le référent CSE n’assume pas la responsabilité juridique de la survenance des faits. Cette responsabilité reste liée à l’obligation de sécurité de l’employeur prévue par l’article L.4121-1. L’ANACT recommande aussi de vérifier régulièrement la jurisprudence, car les contours pratiques du rôle continuent d’évoluer.
Qu’est-ce que le référent harcèlement au CSE ?
Le référent harcèlement au CSE est la personne désignée par le comité social et économique pour traiter les questions liées au harcèlement sexuel et aux agissements sexistes. La loi du 5 septembre 2018 a créé cette fonction, applicable depuis le 1er janvier 2019. Le texte de référence est l’article L.2314-1 du Code du travail, qui impose une désignation parmi les membres du CSE.
Le rôle reste ciblé. Il couvre l’information, l’orientation et l’accompagnement sur les faits de harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Les sources rappellent que ce référent n’est pas automatiquement compétent pour le harcèlement moral ou l’ensemble des RPS, c’est-à-dire les risques psychosociaux. Cette distinction évite de confondre plusieurs régimes juridiques qui obéissent à des procédures proches mais non identiques.
Dans la pratique, le CSE peut préciser les missions par une résolution ou une lettre de mission. Cette formalisation permet de définir le traitement des signalements, les modalités de confidentialité et les liens avec l’employeur. Pour aller plus loin, il est utile d’examiner le périmètre exact de l’obligation selon l’effectif de l’entreprise.
Le référent harcèlement est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?
Le caractère obligatoire dépend de l’existence d’un CSE et, pour certaines entreprises, de la présence d’un second référent nommé par l’employeur. À partir de 11 salariés, l’entreprise met normalement en place un CSE. Dans ce cadre, l’article L.2314-1 impose la désignation d’un référent par le comité. En dessous de ce seuil, il n’existe pas de référent CSE faute d’instance. Pour aller plus loin, la distinction entre référent CSE et référent employeur mérite un examen séparé.
Obligation de désignation par le CSE à partir de 11 salariés
Dans les entreprises employant au moins 11 salariés, le référent harcèlement au CSE devient une obligation dès lors qu’un CSE est en place. Plusieurs sources concordent sur une application depuis le 1er janvier 2019. La règle vise le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, sans exiger de diplôme ni de profil imposé par la loi.
Lorsque le CSE n’existe pas, par exemple dans une structure de moins de 11 salariés ou en cas de carence, cette obligation disparaît. L’ANACT recommande toutefois de prévoir un relais interne, souvent sous la forme d’un référent employeur, afin de structurer les signalements et la prévention. Pour aller plus loin, il convient de comparer ce mécanisme avec l’obligation spécifique applicable aux entreprises d’au moins 250 salariés.
Différence entre référent désigné par le CSE et référent désigné par l’employeur
Dans les entreprises d’au moins 250 salariés, l’article L.1153-5-1 impose à l’employeur de nommer un référent chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les salariés. Cette personne se distingue du référent CSE. Le premier relève de l’employeur et s’inscrit dans la politique interne de prévention, tandis que le second représente les salariés au sein de l’instance élue.
Les deux fonctions peuvent coexister et se compléter. Le ministère du Travail recommande souvent d’intégrer le référent employeur au service RH pour des raisons de légitimité et de coordination. À l’inverse, le référent CSE doit conserver une indépendance vis-à-vis de la direction. Dans les entreprises de 11 à 249 salariés, le référent employeur n’est pas imposé par la loi, mais l’ANACT le présente comme une option pertinente. Pour aller plus loin, il faut préciser qui peut occuper la fonction côté CSE.
Qui peut devenir référent harcèlement au CSE ?
La loi encadre le choix sans fixer de qualification académique. Le référent harcèlement au CSE doit être choisi parmi les membres du CSE. Les sources admettent qu’il peut s’agir d’un élu titulaire ou suppléant. En revanche, la possibilité de nommer un représentant syndical siégeant au CSE reste juridiquement discutée et non tranchée de façon certaine. Pour aller plus loin, la désignation doit donc rester prudente et solidement motivée.
Désignation parmi les membres du CSE
L’article L.2314-1 impose une désignation parmi les membres du CSE. Le texte ne prévoit ni diplôme obligatoire ni ancienneté minimale. Les sources spécialisées recommandent néanmoins un profil disposant de capacités d’écoute, d’une bonne connaissance du droit social et d’une aptitude à traiter des informations confidentielles. Des compétences en RH, en santé au travail ou en psychologie du travail peuvent faciliter l’exercice concret du rôle.
Cette souplesse présente un avantage pratique. Le comité peut adapter le choix au contexte de l’entreprise, au volume des signalements et à l’organisation interne. Pour aller plus loin, il reste nécessaire de vérifier la durée exacte de la mission et les conditions de renouvellement.
Durée du mandat et renouvellement après les élections professionnelles
Le mandat du référent harcèlement au CSE suit celui des élus du CSE. Il prend donc fin lorsque le mandat des membres élus s’achève. Les sources pratiques indiquent que la désignation doit intervenir lors de la première réunion suivant les élections professionnelles et être renouvelée après chaque nouveau scrutin général. Les élections partielles ne conduisent pas automatiquement à une nouvelle désignation si le mandat en cours continue.
Cette règle a un effet direct sur la continuité du dispositif. Sans renouvellement formel, l’entreprise peut se retrouver avec un interlocuteur identifié en interne mais dépourvu de base régulière. Le procès-verbal de réunion devient alors un document de preuve central. Pour aller plus loin, la procédure de désignation mérite une formalisation précise.
Comment désigner le référent harcèlement au sein du CSE ?
La désignation du référent harcèlement au CSE prend la forme d’une résolution adoptée par le comité. Les modalités renvoient à l’article L.2315-32 du Code du travail. En pratique, plusieurs sources retiennent un vote à la majorité des membres présents. Le sujet gagne à être inscrit clairement à l’ordre du jour de la première réunion suivant les élections. Pour aller plus loin, la résolution et sa traçabilité écrite sécurisent la procédure.
Résolution votée en réunion du CSE
Le CSE doit voter une résolution désignant nommément la personne retenue. La pratique consiste à mentionner l’identité du membre choisi, le fondement légal, la date d’effet et, si possible, les principales missions confiées. Cette dernière précision limite les incertitudes sur le périmètre d’intervention, car la loi ne dresse pas de liste exhaustive des tâches.
Une résolution plus détaillée peut aussi définir les modalités de réception des alertes, les relations avec l’employeur et les conditions de recours à des acteurs externes. L’ANACT recommande ce niveau de précision, car il facilite la mise en œuvre opérationnelle. Pour aller plus loin, la désignation doit ensuite apparaître dans le procès-verbal de manière exploitable.
Comment consigner la désignation dans le procès-verbal
Le procès-verbal doit conserver une trace claire de la désignation. Il mentionne généralement la date de la réunion, le texte de la résolution, le résultat du vote et l’identité du référent harcèlement au CSE. Cette formalisation permet de prouver la régularité de la décision en cas de contestation ou de contrôle interne.
Il ressort aussi des pratiques observées qu’un PV complet facilite la diffusion de l’information aux salariés et aux managers. L’entreprise peut ensuite afficher ou communiquer les coordonnées du référent selon ses procédures internes. Pour aller plus loin, il convient d’examiner les droits réels du référent et les limites de sa mission.
Quels sont les droits et obligations du référent harcèlement ?
Le référent harcèlement au CSE exerce principalement des fonctions d’information, d’orientation et d’accompagnement. Les guides du ministère et de l’ANACT citent la sensibilisation des salariés, l’explication des procédures internes, l’accueil de signalements confidentiels et l’orientation vers l’inspection du travail, la médecine du travail ou le Défenseur des droits. La loi ne détaille toutefois pas toutes les missions, ce qui laisse une marge d’organisation locale. Pour aller plus loin, l’utilité du poste dépend donc de la précision de la lettre de mission.
Missions d’information, d’orientation et d’accompagnement
Le référent peut informer les salariés sur les définitions juridiques du harcèlement sexuel et des agissements sexistes, expliquer les voies de signalement et accompagner les victimes ou témoins dans leurs démarches. Selon la résolution adoptée, il peut aussi participer à la préparation d’une enquête interne ou représenter le CSE face à l’employeur lors du traitement d’une alerte.
Plusieurs sources mentionnent également des actions de prévention, comme des sessions de sensibilisation destinées au personnel encadrant. Ce rôle préventif s’inscrit dans l’obligation générale de sécurité posée par l’article L.4121-1. Pour aller plus loin, il faut rappeler que ces missions ne suppriment ni l’autorité de l’employeur ni les obligations de l’entreprise.
Confidentialité, indépendance et limites de responsabilité
La confidentialité constitue une exigence pratique essentielle. Le référent reçoit souvent des récits sensibles et doit organiser leur traitement avec discrétion, sans promettre une confidentialité absolue incompatible avec une enquête ou une obligation d’alerte. Des modalités concrètes, comme une adresse dédiée ou des créneaux identifiés, peuvent être prévues localement.
Sur le plan juridique, le référent CSE ne porte pas la responsabilité de la survenance des faits. Cette responsabilité relève de l’employeur, tenu par son obligation de sécurité. Le référent doit aussi conserver une réelle indépendance vis-à-vis de la direction, à la différence du référent employeur. Pour aller plus loin, cette indépendance n’autorise pas pour autant une action isolée hors des circuits compétents.
Le référent harcèlement peut-il agir seul face à un signalement ?
Le référent harcèlement au CSE ne traite pas seul l’ensemble d’une situation signalée. Son action s’inscrit dans une coordination avec l’employeur, le CSE et, selon les cas, des acteurs externes compétents. Cette articulation reste cohérente avec la répartition légale des responsabilités. Le référent peut accueillir la parole, orienter et accompagner, mais il ne remplace ni le pouvoir d’enquête interne de l’entreprise ni les autorités extérieures. Pour aller plus loin, cette limite protège à la fois la victime potentielle et la sécurité juridique du dispositif.
Coordination avec l’employeur, le CSE et les acteurs externes compétents
Lorsqu’un signalement survient, le référent peut aider à qualifier les faits, rappeler les procédures internes et orienter vers les bons interlocuteurs. Selon la gravité et la structure de l’entreprise, cela peut inclure la direction, les RH, la médecine du travail, l’inspection du travail ou le Défenseur des droits. Dans les entreprises d’au moins 250 salariés, la coexistence avec le référent employeur impose une répartition claire des rôles.
Le traitement isolé d’une alerte présente des limites. Il peut fragiliser la preuve, ralentir la réaction et créer une confusion sur la responsabilité de chacun. L’ANACT insiste d’ailleurs sur la nécessité de procédures internes claires pour le signalement, l’enquête et la protection des personnes concernées. Pour aller plus loin, l’efficacité du référent dépend donc aussi de sa formation et des moyens concrets mis à sa disposition.
Qui finance la formation du référent harcèlement ?
Les sources disponibles confirment un droit à formation pour le référent harcèlement au CSE, mais elles ne donnent pas toutes le même niveau de détail sur la prise en charge financière précise selon les cas. Elles convergent en revanche sur un point : la loi n’accorde pas au référent CSE de moyens spécifiques très étendus en dehors de cette formation. L’ANACT et les sources spécialisées recommandent donc d’anticiper le financement et les modalités pratiques dès la désignation. Pour aller plus loin, la qualité du dispositif repose sur l’adéquation entre compétences attendues et moyens réellement accordés.
Formation, compétences attendues et moyens accordés
Aucun diplôme n’est légalement exigé. Les compétences recherchées concernent surtout la maîtrise du cadre juridique, la capacité d’écoute, la gestion de la confidentialité et la connaissance des acteurs externes. Des formations courtes existent auprès de l’INRS, d’organismes spécialisés ou d’acteurs du droit social. Des profils issus des RH, du droit social ou de la santé au travail disposent souvent d’une base utile.
Sur le terrain, les moyens à prévoir relèvent surtout de l’organisation. Les recommandations portent sur la disponibilité du référent, l’existence d’un canal de contact identifiable, des temps dédiés et l’accès à une documentation actualisée. Les élus ont intérêt à formaliser ces moyens dans la résolution ou un document interne. Pour aller plus loin, il faut enfin situer le référent dans l’écosystème de prévention plus large de l’entreprise.
Quel lien entre le référent harcèlement et la CSSCT ou la médecine du travail ?
Le référent harcèlement au CSE n’agit pas en circuit fermé. Il s’insère dans un réseau interne et externe qui peut comprendre la CSSCT, lorsqu’elle existe, ainsi que la médecine du travail. La CSSCT, commission santé, sécurité et conditions de travail, traite plus largement les sujets de prévention et d’analyse des risques. Le référent, lui, conserve un angle plus ciblé sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Pour aller plus loin, cette complémentarité évite les doublons et améliore la circulation de l’information utile.
La médecine du travail constitue un relais déterminant pour orienter les salariés, évaluer les conséquences sur la santé et contribuer aux mesures de prévention. Le référent peut aussi s’appuyer sur l’inspection du travail et le Défenseur des droits selon la nature des faits. Cette articulation devient particulièrement utile lorsque le dossier touche à la fois la prévention, l’accompagnement individuel et l’organisation du travail. Pour aller plus loin, les fiches de l’ANACT aident à clarifier les interfaces entre ces acteurs.
Le cadre applicable repose sur trois repères stables, la désignation obligatoire au CSE à partir de 11 salariés, la coexistence possible de deux référents dès 250 salariés et la nécessité de formaliser les missions par écrit. Les difficultés pratiques naissent surtout du manque de précision sur les moyens et du besoin de coordination avec l’employeur, la CSSCT et la médecine du travail. Une résolution claire, un procès-verbal complet et une formation adaptée réduisent fortement les zones d’incertitude.









