
Voici pourquoi les “trous” dans les CV explosent soudain chez les Français
- Guillaume Pinson
- 16 novembre 2025
- QUOTIDIEN
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Autrefois, une carrière, c’était comme une ligne de métro : on montait jeune, on descendait à la retraite et, entre les deux, surtout pas d’arrêt entre les stations ! Aujourd’hui ? C’est plutôt le RER A un lundi matin : des coupures, des sorties imprévues, et même quelques rebroussements de voie… Oui, les fameux “trous” dans le CV ne sont plus des accidents de parcours, mais bien une nouvelle routine pour des millions de Français. Et ce n’est pas une catastrophe. C’est un signe des temps !
Des trajectoires professionnelles qui se réinventent
Fini l’époque où la loyauté envers une entreprise ressemblait à une promesse de mariage. Jadis, on entrait dans une société et… on la quittait environ quarante ans plus tard, un pot de départ dans une main et une plaque commémorative dans l’autre. Aujourd’hui, cette époque rangée au musée du monde du travail est bel et bien révolue.
Les carrières sont désormais plus fragmentées, plus imprévisibles. Les interruptions, ces “blancs” parfois redoutés, explosent littéralement : une récente analyse s’appuyant sur plusieurs millions de parcours professionnels est sans appel. Près de 40 % des candidats, en 2025, présenteront une interruption d’au moins 12 mois sur leur CV. Oubliez le parcours sans faute, cette proportion marque une hausse significative par rapport aux années précédentes.
Mais d’où viennent ces coupures ?
- Parfois, elles relèvent de contraintes du marché : plans sociaux, reconversions imposées.
- Mais souvent, il s’agit de choix personnels, assumés : burn-out, période pour s’occuper d’un proche, retour sur les bancs de l’école ou tout simplement soif de donner un nouveau sens à sa vie professionnelle.
Dans un univers où la pression ne relâche jamais vraiment, ces arrêts sont devenus une bouffée d’air, une nécessité pour beaucoup.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Oubliez le CV sans accroc. Aujourd’hui, la réalité, c’est que 61 % des CV recensent au moins une coupure d’un mois. La carrière continue et impeccablement linéaire, celle qui faisait briller les yeux des recruteurs ? Elle laisse petit à petit la place à des trajectoires nettement plus variées.
On ne parle d’ailleurs plus là de petites parenthèses de quelques jours ou semaines : les arrêts se prolongent. En 2025, près d’un CV sur deux affichera une inactivité d’au moins six mois. Quant aux pauses de trois mois, elles se sont démocratisées ; on en retrouve dans plus d’un dossier sur deux.
Des motivations qui se diversifient
Ce phénomène n’est donc pas qu’un simple effet secondaire d’un marché du travail instable. Il révèle de nouvelles attentes, de nouveaux défis. Après la tempête de la pandémie, certains avaient imaginé le retour à la stabilité. Raté ! Certes, entre 2022 et 2024, on a observé une légère accalmie, mais les secousses se poursuivent :
- Incertitude économique persistante,
- Exigences croissantes concernant le bien-être au travail,
- Recherche de sens toujours plus affirmée.
Il n’est d’ailleurs pas rare aujourd’hui d’entendre des témoignages comme celui de Claire, 42 ans, ex-cadre commerciale. Après un burn-out, conseillée par son médecin, elle s’est accordé trois… puis six mois de pause, avant de reprendre une formation. Une faiblesse ? Non, une renaissance !
Employeurs : adaptation obligatoire !
Face à cette lame de fond, les employeurs n’ont plus le choix. Les Ressources Humaines n’évaluent plus seulement la régularité d’un parcours, mais apprennent à lire entre les lignes – et surtout entre les pauses. Certaines entreprises poussent même la réflexion jusqu’à y voir un atout : un salarié qui a su s’arrêter, prendre du recul, changer de voie, revient souvent animé d’une énergie et d’une motivation nouvelles — et, osons le dire, une capacité à rebondir qui n’a pas de prix.
Conclusion : le “trou” comme nouvelle norme
Finalement, ces fameux “blancs” ne sont pas le marqueur d’une erreur ou d’une faiblesse. Ils racontent une société en perpétuel mouvement, où la carrière n’est plus une simple ligne droite, mais plutôt une randonnée montagnarde avec ses pauses, ses haltes, ses détours… Et si, au lieu de redouter ces interruptions, nous commencions tout simplement à les accepter comme la nouvelle normalité du travail ? Après tout, ce sont souvent dans ces moments de pause que naissent les plus beaux nouveaux départs.





